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"Mais que je sois maudit si je laisse cette histoire finir sans qu'il ne sache que j'existe."


  1. Ota Murakami, jeune lieutenant de l’armée japonaise est dépêché en urgence avec son unité à Tokyo, frappée par un cataclysme de grande ampleur. Mais Ota est loin d’imaginer ce qui l’attend, car en effet une fois arrivé sur place, l’origine de toute cette destruction n’est pas un séisme, pas une tornade mais une créature reptilienne titanesque, invulnérable, au cri déchirant l’atmosphère et capable de lancer un rayon destructeur de sa bouche détruisant tout sur son passage. Godzilla. Echappant de justesse à la créature tout en sauvant un grand nombre de civils, Ota croit la menace éradiquée après l’utilisation d’une arme secrète tuant le fléau vivant. Néanmoins très vite Godzilla ressurgit. Recruté avec son ami Kentaro, il intègre la faction de l’Anti Monster Force (AMF) afin de combattre l’engeance inarrêtable. C’est le début de cinquante années où Ota traversera la guerre du Vietnam, les apparitions successives de monstres toujours plus nombreux et destructeurs, sera confronté à la folie humaine mais surtout, c’est le début de cinquante années d’obsession pour Ota, déterminer à mettre fin à la calamité qui porte le nom de Godzilla.


Ecrit et dessiné par James Stokoe, Godzilla Half Century War est une bande dessinée de très bonne facture, qui ravira les amateurs comme les néophytes du roi des monstres. Il convient de souligner en premier lieu les qualités artistiques de James Stokoe. Les scènes de destruction démesurées sont tous bonnement impressionnantes, que ce soit par leur échelle ou par les détails dont celles-ci fourmillent. Le dessin des différentes créatures qui peuplent l’ouvrage et encore une fois très impressionnant, on pourrait compter chaque écaille sur le corps de Godzilla et James Stokoe montre sa compréhension complète des mouvements de Godzilla, le faisant apparaitre assez rigide avec toutefois un véritable dynamisme dans le dessin lors des scènes d’action. Quant aux personnages humains, ceux-ci sont également bien dessinés, avec des visages bien expressifs même si peut-être un peu moins léchés et dans un style qui peut un peu détonner par rapport à d’autres aspects graphiques du livre. Je trouve justement que cette différence fonctionne bien pour souligner les différences entre le côté humain encré dans le réel et ces monstres et cette destruction qui sont tout simplement inconcevables à nos esprits.

Du point de vue narratif aussi James Stokoe fait là aussi du très bon travail. Il crée avec Ota un personnage principal intéressant et attachant. On suit Ota pendant 50 ans, on peut donc le voir évoluer sur tout le fil de sa vie, ses points de vue, sa résilience, ses doutes, son obsession avec Godzilla et sa volonté de triompher, son amitié avec Kentaro, tout est là devant nous permettant de créer un vrai lien avec Ota. Godzilla a connu de nombreuses itérations, parfois sauveur, parfois destructeur de l’humanité et j’ai toujours trouvé que c’était sous ce deuxième angle qu’il était le plus intéressant. Chance, c’est sous cette angle qu’il est ici présenté, un monstre inarrêtable destructeur pour qui nous ne sommes que des insectes, lui donnant vraiment une aura singulière dans ce livre. L’histoire est également très bien rythmée, sans temps mort mais prenant le temps sur ses 50 ans de montrer une véritable évolution de ce monde où les Kaijus sont présents et sont une menace belle et bien réelle. L’atmosphère pesante de fin du monde inexorable dut à la présence de ces monstres est bien présente, renforcée par un personnage de scientifique fou faisant progresser l’intrigue « humaine » et montrant bien que nous ne sommes pas en reste concernant les monstres de notre côté. De plus, la progression suit dans un certain sens la lignée des films Godzilla.
Je m’explique. Dans la BD Godzilla apparaît pour la première fois en 1954, date de sortie du premier film. Le premier épisode de la BD se terminant de la même manière que celui-ci d’ailleurs. Puis le deuxième épisode voit l’apparition d’Anguirus, deuxième monstre à être apparu dans la licence. Puis tout un tas de monstres apparu au fil de la licence, puis Mechagodzilla… Bref, les évolutions du livre suivent les évolutions de la série de films, gardant toutefois le ton sérieux et dramatique que la série perdit pendant un temps.

Toutefois on peut reprocher certains défauts à cet ouvrage. En effet, si le troisième chapitre voit l’apparition de nombreux Kaijus emblématiques de la franchise, ceux-ci sont plus cantonné à un rôle de caméo qu’autre chose, n’ayant pas un impact significatif sur la suite du récit, ce rôle étant réservé à d’autres créatures. C’est assez dommage de les voir ainsi disparaitre, surtout que le livre à aucun moment ne nous éclaire sur le sort que ces créatures ont subi.
C’est un peu la même chose pour le casting humain secondaire, Stokoe introduisant une panoplie de chasseurs de monstres en parallèle à Ota et Kentaro, personnages visuellement intéressant, donnant envie de les voir s’exprimer plus au travers des pages, le peu que l’on voit étant fort sympathique mais hélas ceux-ci n’ont aucun rôle. Dommage car qui n’aurait pas envie de connaître la relation entre eux et leurs créatures ? Pourquoi eux et pas d’autres ? Nourrissent-ils une obsession comme Ota envers Godzilla ? Je ne serais clairement pas opposé à une mini-série sur ces personnages, notamment sur les deux hippies chargés de Mothra. Hélas même Kentaro, l’ami d’Ota n’a droit à un développement que très sporadique.

En conclusion : Godzilla Half Century War est une très bonne bande dessinée. Bien rythmée, brillement illustrée et écrite avec soin, tout est là pour nous offrir un récit à la hauteur du roi des monstres. Les amateurs seront ravis du respect apporté à la licence et les néophytes pourront sans doute découvrir par un ouvrage de très bon facture l’univers du reptile radioactif géant. S’il vous est possible de vous la procurer, n’hésitez pas !

Capitaine_Reculoux
8

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