Pépite inconnue

Avis sur Ken : Fist of the Blue Sky

Avatar Vlagerio
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L'histoire se place quelques décennies avant l'histoire du manga Hokuto no Ken, et l'on suit l'oncle du héros de ce dernier. Kenshiro Kasumi, vivant au Japon, est le 62ème héritier du Hokuto Shinken, un art martial redoutable originaire e Chine. Apprenant que la Bande Verte, une mafia de Shangaï qu'il a grandement aidé par le passé et dont les chefs sont ses meilleurs amis et la femme qu'il aime, a été détruite par une mafia rivale, il retourne en Chine afin de venger ses amis. Il devra rendre sa grandeur à la Bande Verte et défendre Shangaï contre les différentes puissances qui veulent s'en emparer, tout en affrontant les héritiers des différentes branches du Hokuto, voulant (pour la plupart) prouver la supériorité de leurs écoles sur le Hokuto Shinken.
La grande force Souten no Ken sur la série-mère, à laquelle il sera inévitablement comparé, réside dans le contexte historique dans lequel se déroule l'histoire. Shangaï est particulièrement bien retranscrite, remplie d'inégalités, et divisée entre la concession française, la concession internationale et les quartiers chinois. Le manga s'attarde aussi sur la situation géopolitique de l'époque, le Kuomintang (alors en conflit contre les communistes) ainsi que le naissant conflit sino-japonais ayant une grande importance dans l'histoire. Le nazisme européen a lui aussi sont importance, les nazis faisant partie des antagonistes. Cela permet d'amener des concepts intéressants, comme la nécessité de protéger la liste des œuvres convoitées par les nazis ou le projet de certains personnages de construire un Etat pour les exilés de la guerre, et notamment les juifs.
L'histoire développe plutôt bien l'univers d'Hokuto no Ken, explorant les origines de l'Hokuto Shinken et rajoutant de nouvelles écoles. Le dernier arc renforce encore le côté ésotérique déjà présent dans le manga original. Le héros est moins manichéen que le héros original, plus frimeur et étant ami avec des mafiosos (même si ceux-ci sont un peu trop idéalisés).
Les dessins sont extrêmement beaux, le trait est très fin et les ombres particulièrement travaillées et réussis. Les personnages en particulier sont magnifiqes.
Cela, ajouté à de nombreuses explications sur les techniques (aussi farfelues soient-elles) et à un découpage dynamique, donne des scènes de combats très lisibles et palpitantes.
Au niveau des défauts on notera cependant deux points.
Tout d'abord, le manga est légèrement répétitif. La plupart du temps, un nouvel ennemi débarque, nui à ou tue un ami de Kenshiro, combat ce dernier à deux reprises, et redécouvre son humanité lors de la seconde rencontre. Il devient alors l'ami de Ken, puis meurt à cause d'un des ennemis de ce dernier. Dans Hokuto no Ken, les méchants importants se repentaient aussi lors de leurs combats contre Ken, mais ce moment émouvant avait souvent lieu lorsqu'ils mourraient de la main de ce dernier. Ici, Kenshiro ne tue personne (à part bien sûr des personnages totalement difformes). Si le méchant est beau gosse, il aura beau avoir commis les pires horreurs, il ne mourra pas de la main de Kenshiro (s'il meurt, le schéma ne se répétant bien sûr pas à chaque fois).
L'humour est de plus un peu trop présent au début du manga, début qui contient paradoxalement les scènes les plus glauques. Cela à probablement pour but de donner un aspect vraiment grotesque aux membres du HongHua hui, la bande rivale de la Bande Verte, cette dernière étant au contraire dirigée par des personnages beaux et nobles (même si l'on peut aussi y voir quelques personnages difformes et assez cruels, qui sont tout de même amis avec le héros). Le mélange entre humour et glauque n'est pas toujours très bien réalisé.

Au final, un très bon manga de combat assez injustement méconnu.

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