Sa Majesté des mouches (featuring 800 écoliers japonais)

Avis sur L'École emportée

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Récemment encensé dans un épisode de l'émission Tokyo Paranormal sur Arte et lauréat du Prix du patrimoine au Festival d'Angoulême 2018, Kazuo Umezu est considéré comme l'un des maîtres du manga d'horreur, aux côtés de mecs comme Suehiro Maruo, Hideshi Hino et Junji Itô (mon chouchou). Son œuvre la plus connue en France, L'École emportée, me faisait de l'oeil depuis bien longtemps, et c'est donc avec enthousiasme que je m'y suis collé, pas refroidi le moins du monde par l'âge vénérable de cette série publiée initialement dans les années 70.

Le postulat de départ a de quoi stimuler l'imaginaire du plus terre à terre des lecteurs : une école tokyoïte se volatilise au cours d'un tremblement de terre et se retrouve au milieu d'un désert, totalement coupée du monde. Dès lors, ses 800 élèves et une poignée de professeurs vont tenter de survivre dans cet environnement hostile... Accrocheur, non ? Alors c'est vrai qu'on se prend au jeu... mais l'intérêt décline vite, plombé par une suite de péripéties tirées par les cheveux (même pour un amateur de fantastique ou de SF) et des personnages aux comportements aberrants, qui se contredisent parfois d'un dialogue à l'autre.

Le manga a clairement le cul entre deux chaises. Vendu comme un shônen, il met en scène des écoliers de primaire mais tente de faire de l'horreur trash. À l'arrivée, on obtient un cocktail aux ingrédients étranges : une suite d'épreuves mettant en valeur le courage et l'inventivité improbable des gamins (ils arrivent quand même à fabriquer une baliste hein...), de la violence omniprésente, une bonne dose de cruauté gratuite et une larme d'émotion surjouée. Les pauvres gosses prennent cher, ça oui... mais tout semble tellement excessif, forcé, pour tenter de susciter quelques frissons chez le jeune lecteur. Les adultes, eux, regretteront surtout le manque d'ambition et de cohérence du scénario, finalement assez bâclé.

Ce n'est pas tout : l'édition française est proposée dans un format rikiki, 11 par 15 cm, ce qui nuit franchement au confort de lecture et oblige à plisser les yeux pour tenter d'observer les détails des dessins, vieillots mais pas forcément désagréables. Grosse déception donc, même si l'aventure reste relativement prenante, notamment grâce à quelques chouettes idées :

La fourmi géante créée mentalement, le passage d'objets du passé vers le futur, la secte de mutants... Umezu en avait quand même dans sa besace !

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