Critique & anecdotes

Avis sur La Jeunesse de Picsou

Avatar Kaiser-Panda
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[EDIT] Critique publiée avant que les intégrales de Glénat ne soient sorties sur le marché.

Voici donc ma super "critique", une fois toutes les Jeunesses de Picsou avalées. Déjà il faut savoir sur quoi je me suis basé. Après quelques recherches j'ai su quelles éditions prendre pour tout avoir de la meilleure qualité possible : celle d'Avril 1998. celle de Juillet 2005. + individuellement les Picsou Magazine 393 & 417, histoire de tout avoir.

Je place ici la liste complète des épisodes, que l'on sache bien de quoi l'on parle. Ça pourra également éventuellement servir pour ceux qui s'y intéressent de loin mais qui veulent un peu approfondir le truc (comme moi il y a quelques mois).
Légende :
* Intégrale Avril 98,
** Intégrale #2 Juillet 2005,
* Picsou Mags.

  • Episode 01 : Le Dernier Du Clan McPicsou
  • Episode 02 : Le Roi Du Mississippi
  • Episode 03 : Buck Picsou Des Badlands
    ** Episode 03 bis : Le Cowboy Capitaine Du Cutty Sark
  • Episode 04 : L'Aventurier De La Colline De Cuivre
  • Episode 05 : Le Maitre Du Manoir McPicsou
  • Episode 06 : La Terreur Du Transvaal
  • Episode 06 bis : Le Protecteur De Pizen Bluff
  • Episode 07 : Le Flutiste Du Désert
  • Episode 08 : L'Empereur Du Klondike
  • Episode 08 bis : La Fiancée Du Grand Nord (alias Les Deux Coeurs Du Yukon)
    * Episode 08 ter : La Prisonnière De La Vallée De L'Agonie Blanche
    ** Episode 08 quarter : Dernier Raid Pour Dawson
  • Episode 09 : Le Milliardaire Des Landes Perdues
  • Episode 10 : L'Envahisseur De Fort Donaldville
    ** Episode 10 bis : La Harpie De La Percée De Culebra
  • Episode 11 : Le Batisseur D'Empires Du Calisota
  • Episode 12 : L'Homme Le Plus Riche Du Monde
  • Episode 00 : Canards, Centimes & Destinées

Histoires hors Jeunesse "pure", mais ayant un rapport avec celle ci :
* Conclusion : Une Lettre De La Maison, alias Le Secret des Templiers
** Bonus : Le Rêve D'Une Vie
** Bonus : Les Rapetou Contre Le Coffre Fort
** Bonus : Le Sou Du Souvenir

Mon avis pour la première intégrale :

Raaaah. La découverte des Rapetous, de Grégoire Trouvetou (père de Géo ?), la rencontre géniale avec Flairsou, l'origine hors du commun du fameux Sou Fétiche, la mort de sa mère, de son père, Goldie la classe réincarnée, son départ épique d'Écosse, l'arrivée à Donaldville, la naissance de Donald... Mais putain quoi ! Quand un scénario tient la route, même un canard de chez Disney devient super attachant ! Quelle joie de redécouvrir tout ça, 10-15 ans après une première lecture rapide (et incomplète)... Cette magie tient à mes yeux en un mot : "évolution". Là où les personnages Disney sont toujours figés dans une image précalculée depuis des décennies, Rosa arrive et fait voler en éclats cette image, pour mieux analyser son origine, la modifier au gré des aléas de la vie, pour finalement retomber sur le personnage final, connu de tous. Oui, si Picsou est un gros connard (coin coin), c'est qu'il y a une raison. Rappelons que Rosa a épluché les quelques 6000 planches Picsou de Carl Barks, afin de traquer les moindres indices et coller au mieux à sa vision des choses !

Ce qui est rigolo, c'est que le dernier épisode de la Jeunesse "pure" (le 12), n'est en fait que l'introduction à toutes les aventures dites "classiques" que l'on connait. Le raccord entre les deux "univers" se fait tout en douceur, sans accroc. La grande classe. A noter également, l'épisode 11, qui décrit la seule mauvaise action de Picsou (lourd de sens, donc), ainsi que le mythique coup de pied au cul de Donald enfant envers son oncle.

Je relève tout de même, malgré le statut de "meilleure réédition française à ce jour" de mon bouquin d'Avril 98, un gros défaut de colorisation : selon les épisodes Hortense & Mathilda, les deux sœurs de Picsou, sont soit blonde et brune, soit l'inverse. Heureusement que leurs coiffures sont différentes, sinon j'en perdrais mon latin. Voilà, sinon pas grand chose à redire.

Mon avis pour la seconde intégrale :

Cette seconde édition (Juillet 2005) est moins prenante que celle de 1998, mais contient quand même son lot d'histoires intéressantes. De plus, même si techniquement le papier, les couleurs, etc. sont légèrement en deçà qu'en 1998 (et encore), cette édition gagne un point sur les petites anecdotes à chaque début d'histoire, éclairant le temps d'une page sur la genèse de l'histoire, le contexte historique du scénario, etc. J'ai trouvé la démarche pertinente.

Les 3 bis / 10 bis sont vraiment sympa à lire, et s'inscrivent bien dans la continuité des autres histoires de la Jeunesse : de l'épique et du culot pour Picsou avant son 1er million, de la mesquinerie & de la magouille pour le Picsou post-million. L'on croise durant ces épisodes le Cutty Sark, Roosevelt une fois de plus, l'explosion record du Kratakoa de 1883, et la construction du Canal de Panama. Autant dire qu'il est difficile de s'ennuyer en les lisant.

Concernant l'épisode 8 quarter, je ne sais pas s'il s'inscrit dans la Jeunesse "pure" ou pas. Celui ci est une conclusion à la "saga Goldie" : il se passe à moitié dans un flashback, à moitié dans le présent. Personnellement j'ai apprécié. Par contre son numéro est à prendre avec beaucoup de pincettes ! Officiellement il a été édité en troisième, donc est nommé "8 ter" dans ce livre. Or, un an plus tard (Octobre 2006), Rosa sortira La Prisonnière De La Vallée De L'Agonie Blanche, se déroulant entre le 8 & le 8 bis. Or mon site de référence (ainsi que Wikipedia) parle de celui-ci comme du 8 ter. Ajoutez à cela le fait qu'ils fassent une erreur de frappe en mettant bien 8 ter dans le sommaire mais 8 bis dans la page de présentation de l'histoire (ce qui fait qu'il y a deux 8 bis si on les croit), et vous obtenez là un joli mic-mac. Bref cet épisode 8 est assez bordélique dans sa nomination. Perso je l'appellerai quarter car chronologiquement, il se déroule en dernier dans la série des 8.

Concernant les histoires bonus :

  • Le Rêve D'Une Vie : Les Rapetou volent une invention de Géo et piratent les rêves de Picsou à la Inception pour découvrir la combinaison de son coffre --> Donald part à sa rescousse. Pour un bonus parallèle, j'ai trouvé cette histoire assez bien écrite : d'abord elle est drôle (le coup des bruitages des neveux est tout simplement épique), et ensuite la fin est juste woaw quoi. J'en ai encore des frissons. Frissons également quand Donald rencontre sa mère. J'aime (surtout que ça sera la seule fois où Donald adulte "rencontrera" sa mère, même si c'est pour de faux).

  • Les Rapetou Contre Le Coffre Fort : Rapport très lointain avec la Jeunesse "pure", mais quand même. Via leur casse, les bandits croisent pas mal d'objets symboliques du passé du canard. Gros plus de cette histoire : le plan complet du coffre nous est révélé sur 2 pages complètes. Comme pour la localisation de Donaldville sur une carte (fictive) des USA, ce genre d'éléments concrets dans un univers changeant est toujours sympathique à lire (même si au final, ça ne vaut pas grand chose).

  • Le Sou Du Souvenir : Picsou du présent veut récupérer une pièce qu'il a malencontreusement donnée à Donald pour acheter le journal. A retenir de cette histoire : une mise en scène originale (plusieurs pages seront du point de vue de la pièce : marrant) et une dernière page là encore consacrée à Goldie. Rosa aime ce personnage, et nous le fait bien comprendre.

  • Donald Et La Fracture Temporelle : hors sujet total. Picsou n'y est même pas mentionné. Donald se retrouve au temps du Roi Arthur & déclenche toute sa légende. Inutile, pas vraiment drôle et surtout complètement HS : l'arnaque du bouquin.

Dernières histoires écrites :

  • Une Lettre De La Maison, alias Le Secret des Templiers. Suite d'une autre histoire : La Couronne Des Croisés (que je n'ai pas lue, j'ignore si elle a un lien avec la Jeunesse, mais là comme ça, je dirais non). Bien que là aussi le lien avec la jeunesse ne soit pas "officiel", on touche quand même de près à la vie du canard. Une histoire qui se paye même le luxe de m'avoir fait frissonné plusieurs fois (que dire de ce "oui je le souhaite" de la part de Mathilda ?). Dans la bonne tradition Disneyenne, cette histoire fait l'impasse totale sur Hortense (puisque son fils Donald adulte est déjà présent), mais on sent quand même la volonté de Rosa de creuser cette famille, encore et toujours, ce qui fait de ces planches une bonne histoire pour qui s'intéresse de près au background de la famille. Le coté Templier est plus là pour le folklore, par contre (même si les bases historiques sont globalement bonnes, je suppose).

  • La Prisonnière De La Vallée De L'Agonie Blanche : un must tout simplement. L'histoire des personnages "classiques" de Disney où la notion de couple, ou plutôt de séduction, est le plus poussé. Toute l'histoire est portée sur les caractères forts des personnages confrontés à des idées... nouvelles pour chacun d'eux. Une fin trèèèèèèèèès frustrante, à l'image de celle de l'épisode 8 bis, mais là aussi tristement nécessaire. Les deux récits sont d'ailleurs très cohérents, notamment dans les psychologies des deux canards. Enfin, pour finir sur du léger, comment ne pas éclater de rire face aux allusions coquines de Donald ("Bizarrement, hi hi !") ou de Picsou ("OK on y va : entre les jambes !") ? Bref un épisode très adulte.

CONCLUSION :

Attachant, c'est vraiment le mot que l'on a en refermant ces livres. Pas grand chose à dire de plus. Je rêve, mais réellement, d'un long métrage Jeunesse de Picsou avec les moyens d'aujourd'hui, et surtout le ton de Rosa non édulcoré. Il y aurait là le potentiel de faire un vrai film intéressant, à des années-lumière des Little Chicken & autres Rayponce à la noix. Puisque je parle animation, il faut savoir que Goldie est reprise dans la série TV de la Bande à Picsou, mais le cœur n'y est pas vraiment, c'est fade. Donc voilà.
"ALORS POURQUOI 9 ?" allez-vous me demander... Je retire un point car le potentiel n'est pas exploité à fond, c'est trop court, trop frustrant, il y aurait tellement à raconter ! Bref : un défaut d'omission plus que d'action, mais que voulez vous : plus on aime, plus on est exigeant.

ANECDOTES :

Quelques anecdotes que j'ai glanées via mes balades sur le net, sur des choses que j'ignorais auparavant :

  • Picsou serait a priori mort en 1967, à l'âge symbolique de 100 ans. Mais j'ignore totalement si ce passage existe en BD... Fantasmons.

  • Autre triste anecdote : apparemment Rosa voulait également un peu approfondir le personnage de Della Duck, à savoir la nièce de Picsou, la sœur de Donald & la mère de Riri, Fifi & Loulou ! Trois fois hélas, son éditeur a dit niet, et du coup ce projet a avorté. On ne saura donc probablement jamais pourquoi Della a perdu la garde de ses triplés au profit de Donald... Mais il est vrai que d'un autre coté ce personnage ne peut réapparaître, sous peine de faire écrouler toute la "dynastie" Disneyenne d'oncles/neveux. Mais rien n'empêchait de décrire le pourquoi de cette disparition, et c'est là que l'image "gamin" de Disney -celle qui limite, celle qui bride- se rappelle à notre bon souvenir... Très dommage. Au delà de Picsou même, c'est aussi ce que j'aime dans la Jeunesse : savoir pourquoi on se bouffe depuis tout petit des "onc' Donald / onc' Picsou" chez Disney, et jamais des "mamans / papa". Cette saga défriche la voie pour Picsou / Donald, mais malheureusement les habitudes Disney ont la vie dure, et on n'en saura jamais plus. D'ailleurs à noter que la Jeunesse est une des rares histoires "Disney classiques" avec des liens parents-enfants, à ma connaissance.

  • On découvre également (et bien qu'ici ça soit très suggéré je pense avoir raison) les parents de Gontrand Bonheur, le fameux cousin chanceux de Donald. Et oui, "cousin" n'est pas un titre gratuit sorti d'un chapeau, ils le sont réellement. En discutant avec un ami, j'ai cru comprendre qu'une BD décrivait la naissance de Gontrand, décrite a priori comme "le seul jour où Gontrand n'eut pas de chance" : je suis curieux de lire ça, si cela s'avère vrai : le concept est amusant.

  • Une autre anecdote, croustillante, que j'ai lue je ne sais plus où : Daisy Duck, la copine de Donald, s'appelle aussi Duck, mais ne serait pas de la même famille car "le nom de Duck est très répandu à Donaldville". Mwarf. Quand on sait que quand Picsou y posait les palmes la première fois il n'y avait que deux bicoques qui se battaient en duel, ça fait bien sourire tout ça !

  • Enfin, dernière anecdote amusante sur les Rapetou : leur nombre réel est à ce jour inconnu. Créés par Carl Barks en 1951, ils n'avaient dans leur première apparition pas leurs numéros de prisonniers sur le torse, car ils n'avaient pas encore fait de prison. Barks en a déjà dessiné 13 dans une seule case, mais a aussi fait dire à Picsou qu'ils étaient 30. Chez Rosa leurs numéros commencent toujours par 176, suivi des trois mêmes chiffres dans des ordres différents. Ce qui donne six combinaisons possibles... Même si dans Les Rapetou Contre Le Coffre Fort, ils sont sept ! Il est rigolo à ce sujet de constater que dans cette histoire, à chaque fois que les sept apparaissent en même temps, il y a toujours quelque chose qui cache au moins un des nombres.

  • Pour ceux que ça intéresse, l'arbre (quasi) complet des Ducks est disponible sur Wikipedia : on s'y régale ! On y apprend notamment que Daisy est la belle sœur par alliance de Donald. Ainsi qu'une pléthore de personnages que je ne connais absolument pas, car j'ignorais que la mythologie remontait si loin dans les origines des parents de Donald.

Donc voilà.
Merci de votre intérêt pour ce beau sujet, et bonne lecture à vous !

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