J'aurais voulu des cours d'Histoire comme ça à l'école

Avis sur Le Réseau Aquila 1/2 - Silas Corey, tome 1

Avatar Igguk
Critique publiée par le

Je suis pas un très grand amateur de BD à connotation historique, c'est souvent un truc qui me rebute par une impression que je vais lire un cours d'histoire magistral détaillé avec des dialogues trop lourds et plein de références historiques que je connais pas, parce que j'ai une culture ridicule dans ce domaine. Et oui, cette impression est certainement fausse la moitié du temps, je sais.

Pour me faire ôter mes œillères, il a fallu une couverture classieuse bichrome et un dessin "efficace-qui-me-fait-penser-à-quelque-chose-mais-je-sais-plus-quoi", et pour cause, c'est la patte artistique de Pierre Alary, très bon dessinateur de Belladone (entre autres). Banco, allons-y.

Silas Corey est une BD d'espionnage/action/histoire se déroulant pendant la première guerre mondiale, où notre héros détective au passé trouble va devoir retrouver un journaliste recherché à la fois par le gouvernement de Jacques Caillaux, par l'opposition politique menée par Georges Clémenceau, et par une troisième commanditaire aux motivations plus troubles.
Silas, peu scrupuleux, bosse pour tout le monde en même temps sans vraiment savoir pourquoi le monsieur est recherché. Et c'est parti pour une enquête mêlant action, aventure et dialogues savoureux.

Premier bon point, l'écriture. Le contexte historique est présenté de manière claire et digeste, romancé juste comme il faut mais détaillé. La BD est rythmée, pleine de rebondissements et de style, il y a une vraie identité narrative.
Deuxième bon point, les personnages sont excellents, Silas est bad-ass et impertinent, avec ce qu'il faut de mystère pour lui donner un peu d'épaisseur. Son acolyte asiatique Nam est à peu près dans le même moule, mais en mode plus musclé, un Bernardo qui aurait mangé Bruce Lee sans jamais tomber dans le trop caricatural.
Et le reste du casting est du même gabarit, tous les personnages sont profonds et surprenants, on reste loin des clichés et c'est un délice.

Pour servir tout ça, le dessin d'Alary garde son trait si particulier, léger, dynamique et fluide. Il arrive à donner vie à ses personnages et ses décors en quelques traits finement placés, rendant la lecture très agréable.
Même les décors détaillés de Paris en 1917 gardent cette finesse, c'est impressionnant.

Le second tome, concluant l'enquête, est sorti dans la foulée donc vous n'avez pas d'excuse, allez lire cette BD.
Moi je vais me pencher un peu plus sur ce scénariste qui a l'air déjà assez connu dans le domaine mais que je n'avais jamais lu...

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 456 fois
6 apprécient

Autres actions de Igguk Le Réseau Aquila 1/2 - Silas Corey, tome 1