Rendez-vous en terre inconnue.

Avis sur Le Sommet des dieux, tome 1

Avatar Ouaicestpasfaux
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Sentiments légèrement partagés après la lecture de ce premier tome.

Les premières pages du sommet des dieux partent sur une enquête passionnante qui nous fait habilement entrer dans l'univers de l'alpinisme de façon ludique : le vieil appareil-photo que découvre Fukamachi dans une petite boutique népalaise serait-il celui de l'alpiniste Mallory, tragiquement disparu durant son ascension de l'Everest ? Si c'est le cas, la pellicule qu'il contenait pourrait donner des indices quant au succès de cette ascension...

Cette introduction a non seulement le mérite d'initier les ignorants (dont je faisais partie) aux grandes figures de l'histoire de l'alpinisme, mais également de jeter un pont entre passé et présent, de créer une fiction contemporaine qui servirait à mettre en relief un passé qui a bel et bien existé.
Prometteuse introduction donc, que les premières dizaines de pages de ce tome 1 !

C’est sans doute à cause de la qualité de cette entrée en matière que la suite m’a quelque peu décontenancé. Car après quelques mésaventures, Fukamachi se met à enquêter sur un alpiniste japonais de fiction : Habu Joji sur lequel le récit va complètement se focaliser et dont on va suivre durant le reste de ce premier tome le parcours initiatique et les talents de grimpeur hors-normes.
Loin d'être ennuyeuse, cette seconde partie m'a cependant laissé un goût étrange : l'auteur nous a mis l'eau à la bouche d'entrée de jeu avec un suspense haletant, aiguille son personnage principal vers ce Habu Joji car il pourrait être la clé de l’énigme de l’appareil-photo…mais nous relate maintenant de longues heures d'alpinisme n'ayant pas grand-chose à voir avec son introduction !
De plus, l'action ne se situe même pas dans le présent mais dans la jeunesse de Habu, ce qui fait qu'on a l'impression de suivre des événements passés sympathiques mais dont on sait qu'ils n'influenceront en rien l'intrigue principale lancée dans le présent. J’aurais de loin préféré en apprendre davantage sur le passé du mystérieux Habu au fur et à mesure de l’enquête plutôt qu’il me soit imposé comme ça brutalement pendant des dizaines de page. Cela m'a pas mal frustré car j'ai trouvé que l'auteur sabordait sa belle introduction en avouant quasiment de suite après l'avoir terminée qu'elle n'était qu'un faire-valoir pour raconter une autre histoire.

Passé ce petit accroc de construction, force est de constater que Taniguchi parvient à dessiner des décors montagneux absolument sublimes qui impose une élégance et une majesté parfaitement cohérentes avec le propos du récit. Il parvient également à découper intelligemment de longues discussions ou de longues ascensions en montagne qui ne paraissent de fait jamais ennuyeuses. Une vraie performance car l’adaptation d’un roman en manga est toujours risquée de ce point de vue-là. Une vraie performance aussi d’un point de vue travail, car le découpage est impeccable mais fait le choix de cases très nombreuses et très aérées : Taniguchi et son équipe n’ont donc pas du chômer !

Sur le fond, l’intrigue n’a quasiment pas avancé une fois ce premier tome achevé, mais les éléments de suspense posés dès le départ de l’intrigue ajoutés au magnétisme graphique et à la maîtrise narrative de Taniguchi gardent le lecteur captif et promettent une suite au moins aussi plaisante.
J’espère simplement que l’équilibre entre enquête/suspense et flash-back/introduction des personnages sera mieux dosée.

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