Ma cicatrice

Avis sur Mains rouges - Peter Pan (Vents d'Ouest), tome 4

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J'ai une cicatrice à ma main gauche. Une toute petite, je vous rassure. C'est mon chien qui me l'a faite. Ruben. Ruben était un Golden Retriver. Il a été mon meilleur ami durant mon adolescence. J'adorais le serrer contre moi, et lui aussi je pense (il faisait des 'hummmmm' constamment dans ces cas-là). Un jour, mon père a voulu le peigner. Ruben était un jeune adulte fougueux. Mon père utilisa un peigne en métal. Il me demanda de l'aider car Ruben était trop agité et il était donc difficile de le peigner correctement. Mon père était occupé sur le dos du chien, moi je devais tenir sa tête. Mon père n'est pas très doux, hélas pour moi : il donna un coup de peigne au chien qui, sous le coup de la douleur, ne trouva rien de mieux que de me mordre à la main. Je me souviens vaguement que mon père a engueulé le chien. Je ne lui en ai pas voulu. Mon père non plus : après ce terrible drame qui se termina à la salle de bain, ma mère me tenant la main sous l'eau froide, mon père a repris cette activité et a remarqué un peu de sang là où il peignait Ruben quand il m'a mordu...
Je me souviendrai toujours aussi de mon anniversaire qui eut lieu quelques semaines avant sa mort. Il était tard, j'entendais comme une bête gémir. Mes parents dormaient. Je suis descendu avec une lampe de poche, j'avais la trouille mais je voulais savoir ce qu'était ce bruit. Cela semblait venir de l'enclos de Ruben. Je tourne la lampe dans un coin et je le vois, couché sur un tuyau d'arrosage. Je m'approche pour voir de quoi il retourne et là je comprends : il s'est emmêlé dans le tuyau et il ne parvient pas à se relever. J'essaie de l'aider, il essaie de se relever. Je tente de glisser une planche sous lui car le carrelage glissant n'arrange rien. Puis j'essaie de le soulever mais il grogne, apparemment je m'y prends mal. Je décide donc d'appeler mon père. Il se réveille difficilement, me demande ce qu'il se passe, je lui explique. Il descend avec les yeux mi-clos, il sort, pénètre dans l'enclos, contourne le chien et le soulève d'un coup. Le chien est dépêtré et tout content de pouvoir bouger à nouveau. Mon père et moi rentrons. Pendant que nous nous lavons les mains, il me dit que Ruben est vieux et qu'il ne tiendra certainement plus longtemps... Quelques semaines plus tard, je rentrai de Bruxelles où je logeais la semaine, mes parents m'apprennent qu'ils ont piqué Ruben plus tôt dans la semaine. Je n'ai pas pu lui dire au voir. J'étais triste. Ils m'ont dit l'avoir enterré au bout du jardin. Pendant quelques temps je me suis recueilli. Je ne suis pas croyant mais ça me faisait du bien de lui parler. Aujourd'hui encore, quand je passe devant le parterre de fleurs où il est censé être enterré, j'ai une petite pensée pour lui.

Je suis vraiment déçu de cette relecture. Je m'aperçois que les seuls albums que j'apprécie vraiment sont les deux premiers. Ce sont d'ailleurs ceux qui m'ont laissé le plus de souvenirs. Bon, le coup de la main (aussi bien celle de Peter que celle du Capitaine), ça m'avait marqué... mais bon.

Loisel divise son intrigue en trois parties (mais pas vraiment trois actes) ; en procédant ainsi, il limite le développement de chaque partie, car il y a trop à raconter. Et puis c'est un peu décousu, je ne trouve pas assez de lien. En fait, on dirait que toute la saga est construite sur de petites scènes, le problème c'est que par album, ça manque d'un objectif principal à atteindre. D'ailleurs le seul objectif que l'on a, c'est à la fin, quand Peter décide de ramener du renfort. Mais cette décision n'a pas vraiment de sens, je ne vois pas selon quelle logique il est bon d'amener plus d'enfants au pays imaginaire ? Les personnages sont assez peu creusés, peu développés. Le pire, c'est la présence de Jack... je ne comprends vraiment pas ce choix narratif, quel rapport avec Peter ? C'est une mise en contexte qui ne sert pas l'intrigue, cela la parasite même un peu, ça distrait.

Graphiquement, c'est très joli à regarder, même si on remarque que Loisel répète les mêmes attitudes. Ce qui m'ennuie le plus c'est sa mise en scène ; son style devient un peu trop évident et systématique à croire qu'il applique toujours la même recette. Pourtant, vu que le bonhomme prend son temps entre chaque album, on serait en droit de s'attendre à quelque chose d'un peu plus fouillé. Cela reste du bon boulot, globalement, mais ça gêne un peu la lecture. Les couleurs sont chouettes, mais c'est lorsqu'il dessine Londres que l'on sent le plus une ambiance particulière.

Bon, je râle beaucoup mais ça reste une BD sympa à lire. Même si le scénario me paraît mal ficelé, ça reste facile et agréable à lire, certains passages sont bien trouvés. Bref, je pensais que ça serait mieux.

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