Olympia s'éveille...

Avis sur Moderne Olympia

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Il y a un peu plus de dix ans, le musée le plus connu du monde (et accessoirement le plus visité) : le Musée du Louvre lançait une collection de bandes dessinées en collaboration avec l’éditeur Futuropolis où des auteurs étaient invités et avaient « carte blanche » pour parler de l’établissement. C’est ainsi par exemple que David Prudhomme sortait en 2012 La traversée du Louvre : bande dessinée centrée sur les individus arpentant le musée, plus que sur les œuvres elles-mêmes qui font déjà partie de notre musée imaginaire (Joconde de de Vinci, Radeau de la Méduse de Géricault, Victoire de Samothrace, etc.).

Le Musée d’Orsay, plus spécialisé dans l’impressionnisme et les mouvements artistiques allant de 1848 à 1914, bénéficie lui aussi d’une renommée importante et d’une collection qui pourrait en faire pâlir plus d’un : Origine du monde de Courbet, Campagne de France 1814 de Meissonnier, Joueurs de cartes de Cézanne, et évidemment, Olympia de Manet. Le Déjeuner sur l’herbe avait déjà fait un scandale retentissant, mais avec l’Olympia, Manet fait encore plus fort ! C’est sur ce scandale et le fameux « Salon des refusés » que Catherine Meurisse va baser son intrigue.

Œuvre courte (une soixante de pages) et qui se lit en quelques minutes, Catherine Meurisse réussit son pari. On ne s’ennuie pas une seule seconde durant la lecture. Les dessins très caricaturaux (pas dans le sens péjoratif, mais davantage dans le fait que l’on perçoit rapidement les traits caractéristiques des œuvres, des personnages dessinés) sont pleins d’humours et largement justifiés pour aborder le sujet du musée.

Jeune actrice Olympia se rêve d’un premier rôle romantique et dramatique digne de celui de Juliette. Mais, pour l’instant, elle est cantonnée aux rôles moins importants voire à la figuration. La star c’est Vénus : figure et muse de l’académisme. Tout le contraire d’Olympia, qui est, elle, une refusée. Son chemin sera semé d’embûches et son amour pour un « officiel » : Romain, ne sera lui aussi : pas aisé.

Entre références aux toiles phares du musée et populaires (West Side Story (Robert Wise et Jerome Robbins, 1961) film adapté de la comédie musicale de Leonard Bernstein et Arthur Laurents, inspirée elle-même de l’une des œuvres les plus connues de Shakespeare : Roméo et Juliette (1597)) : Meurisse s’amuse à nous faire découvrir un musée qui regorge de tableaux plus exceptionnels les uns que les autres toujours avec cette touche d’humour et de fantaisie. Ici, les tableaux sont vivants et même des films et Orsay en est le studio. Beau clin d’œil et coups de crayon à des œuvres figées pour l’éternité !

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