L’intimité de l’infiniment grand

Avis sur Saga, tome 2

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Saga est un contraste permanent entre le cocon familial et la « guerre par procuration » des mondes dont sont issus Marko et Alana. Sauf que la violence n’est pas toujours là où on le pense.

Ce tome 2 le souligne dès le départ avec la couverture du tome 7, la même que celle du volume, qui confronte un Marko adulte maculé du sang de ses ennemis à un Marko enfant, au milieu des champs, une image qui n’a rien à envier à Heidi. L’innocence ne dure que le temps d’une posture.

« La haine entre superpuissances perdurait, pourtant, le citoyen moyen oubliait peu à peu le sang qui continuait à être versé ailleurs, en son nom. »

En quelques pages, la famille reprend sa place primordiale. Sauf que le volume 2 aborde cette fois la famille périphérique et surtout cette zone en-dehors du cocon du triptyque Alana – Marko - Hazel. Les grands-parents tout d’abord. Quelques dialogues suffisent à montrer la tension et les incompréhensions entre le jeune couple et les parents de Marko. Puis l’arrivée de Gwendolyn, l’amour passé de Marko, signe des problèmes à venir.

« Papa m’a dit un jour qu’une rupture, c’est comme une bataille. En général, il y a des dégâts collatéraux. Quand d’anciens amants se battent, les innocents sont pris entre deux feux. » (Hazel)

Cette considération se fait avec en fond une attaque de missiles. Une illustration excessive, qui souligne aussi que les armes sont moins de destruction massive que des relations passées alimentant les doutes et fissurant la fragile coquille autour du jeune couple.

Saga constitue un curieux mélange où le quotidien, avec son cortège de banalités et de mesquineries, y côtoie l’extravagance d’un monde spatial et fantastique. L’intimité fait arme égale avec l’infiniment grand.

« Un enfant n’est pas un symbole, c’est un enfant. » (Alana)

Les auteurs n’en restent pas d’une grande lucidité sur leur récit et sur le genre utilisé. Ils se font un malin plaisir à ironiser sur le romantisme. Le point de départ de l’histoire d’amour originel reste un livre racontant une histoire d’amour entre un monstre de pierre et la fille d’un riche exploitant de carrières. Sans oublier les images Interdit aux – 18 ans sur l’écran-visage d’un Robot IV agonisant.

« Dans les comédies romantiques, c’est le moment où on sait qu’ils vont finir ensemble. J’ai toujours détesté les comédies romantiques. » (Hazel)

Les auteurs n’hésitent pas à pousser le curseur jusqu’au bout dans les situations comme dans le bestiaire, côtoyant joyeusement avec un ridicule assumé. Comme avec la naissance du Temporex, un super-prédateur astrologique

« Le méchant fœtus géant de l’espace vient de cracher de la gelée noire par les yeux. » (Izabel)

Si la naissance est une fois encore au cœur du récit, Saga rappelle aussi son pendant : la mort d’un proche. Fiona Staples et Brian K. Vaughan posent toutes les bases d’une tragédie.

PS : le dessin s’améliore, mais je ne suis toujours pas convaincu.

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