Quand on lit Spirou à Berlin, on sent un mélange entre l'album QRN sur Bretzelburg de Franquin et du film La Grande Vadrouille au niveau de l'histoire ainsi qu'un visuel proche du style de Morvan et Munuera.

En effet, Flix est parvenu à s'approprier l'univers de Spirou et Fantasio tout en y mettant sa touche personnelle.

Certes, s'inspirer des visuels de Morvan et Munuera n'était pas la meilleure des idées puisque les albums des M&M n'ont pas été appréciés, en grande partie, à cause de leur style de dessin. Cela à juste titre vu que, à part L'Homme qui ne voulait pas mourir, leurs albums n'étaient pas très bien dessinés.

Cependant, ça passe Flix ayant réussi à rendre les personnages expressifs.

C'est surtout au niveau de l'histoire et des piques envers les polices secrètes peu scrupuleuses et la critique des dictatures que l'album vaut la lecture. De plus, l'avoir fait en se servant de Berlin avant la Chute du Mur et la Stasi nous rappellent les heures sombres de l'Histoire avec un grand H tout en restant dans un registre léger pour mieux se moquer des régimes totalitaires et faire de l'anti-militarisme comme on l'aime.

D'autant plus qu'avoir fait de Zantafio le méchant principal de l'album est un joli clin d'oeil à Le Dictateur et le Champignon également créé par Franquin.

En ce qui concerne les personnages, on se retrouve avec un Spirou manquant de sang-froid comme celui de la période Tome et Janry et un Fantasio proche du gaffeur et nerveux de la période Franquin: .

La jeune femme dresseuse de singes apprivoisés et étant une combattante de la liberté est également très appréciable. Dommage qu'elle ne soit jamais nommée car c'est le meilleur personnage de l'album.

Par contre, Champignac est vide de personnalité réduit au rôle de damoiseau de détresse.

Passons maintenant à l'atmosphère de l'album. Celle-ci parvient à alterner entre comique et monteuse d'adrénaline dans la première partie puis à une seconde moitié plus angoissante...

...et macabre vu qu'on voit un Fantasio se faire torturer.

En effet, la deuxième partie n'a aucun temps mort étant proche du film d'espionnage sans temps mort empli de tension inquiétante où nos personnages ne se sentent jamais en sécurité.

Malheureusement, l'album se termine bien trop rapidement avec une fin bâclée frustrante alors que l'album aurait mérité un épilogue plus abouti que le résultat final.

Bref, Spirou à Berlin a des hics l'empêchant d'être mémorable mais étant globalement plaisant à lire.

BlackBoomerang
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le 29 juin 2024

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