Pauvres animaux !

Avis sur Tintin au Congo - Les Aventures de Tintin, tome 2

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Hergé avait envisagé d'envoyer son héros aux États-Unis après la mission en URSS. Mais l'abbé Norbert Wallez qui gérait le journal XX e siècle et l'édition des bandes dessinées de Tintin avait demandé à ce que Hergé conçoive une aventure sur la colonie belge qu'était le Congo.

On découvre une Afrique dominée par les colons et les prêtres missionnaires. Les autochtones sont plus ou moins sous la domination des Européens.

Tintin tout en étant chargé de faire son reportage joue un rôle assez antipathique vis à vis des animaux qui sont blessés comme le boa à qui on lui fait avaler sa queue ou tués comme un troupeau d'antilopes ou un rhinocéros. On le voit participer à la chasse à l'éléphant. On notera une autorité vis à vis des tribus africaines et suite à une collision avec un train même s'il rend service en le tractant avec son véhicule.

Hergé fait aussi apparaître des complices d'un célèbre bandit américain : Al Capone. Ce dernier exploite une mine de diamants et voit en Tintin un danger et il envoie un certain Tom pour se débarrasser de lui.

Ce récit donne un aperçu de la mentalité des années 30 où on était fier de ses colonies. On est loin de la notion de protection animale d'aujourd'hui et des animaux sont tués ou maltraités sans pitié. Le personnage de Tintin nous déçoit beaucoup. On ressent un style proche de l'état d'esprit de Norbert Wallez et non pas celui de Hergé.

Si les décors sont assez bien conçus avec une dominante verte les scènes avec les animaux n'ont rien de drôle. Notons que dans l'édition française la scène du rhinocéros d'origine a été maintenue contrairement aux éditions étrangères où Hergé avait modifié la scène de manière à épargner l'animal.

Notons que l'enseignement donné par Tintin à l'origine une leçon de géographie devient une leçon de calcul afin d'éviter une connotation politique ou patriotique.

Un album assez décevant qui avait fait l'objet d'une censure durant les années 60 et aujourd'hui dans certains commerces selon les pays compte tenu de la violence présente dans le récit.

On notera une vignette reprise par André Franquin : celle où Tintin et le Père missionnaire sont sur une longue barque entourés de rameurs en train de chanter U élé.

Notons que l'Afrique faisait rêver à l'époque compte tenu de son exotisme. Mais on se rend compte que le style de l'album reste en décalage par rapport aux autres y compris Tintin au pays des Soviets où on voit nos amis défendre un jeune opprimé lors d'une distribution de pains.

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