Mi-goule, mi-raisin

Avis sur Tokyo Ghoul

Avatar Johnny-Jay
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J'ai commencé à lire Tokyo Ghoul sans en savoir plus que ce que le synopsis avait à m'apprendre, à savoir : "Ken se fait attaquer par une goule, un monstre cannibale. Il survit grâce à la greffe des organes de son agresseur mais devient un hybride." Perso, j'ignorais ce qu'était une goule, je m'attendais à un shonen ordinaire où le héros profite de ses pouvoirs monstrueux pour éradiquer le Mal, en compagnie de ses amis lycéens. En réalité, c'est plus compliqué que ça.

Les premiers tomes mettent les choses au clair : il ne faut pas s'attendre à de la baston à tous les chapitres. C'est un seinen après tout, on n'en veut pas à l'auteur de prendre son temps. Je dirais même que cette longue phase d'introduction constitue le meilleur passage du manga. On apprend à connaitre les goules au travers du regard de Kaneki* et de ses difficultés à s'habituer à son nouveau corps. On réalise alors qu'elles sont les premières à souffrir de leur existence. Victimes de leur appétit et condamnées à vivre cachées, parfois aux yeux de tous, leur quotidien n'a rien d'une partie de plaisir.

Sans pour autant glorifier les goules, l'auteur envoie un message de tolérance qui dépasse le cadre du manga. Beaucoup de souffrance serait évitée si les humains cherchaient à comprendre ces créatures, au lieu de les traquer et de les abattre sans faire de distinctions, créant ainsi un cercle vicieux alimenté par la vengeance, dans un camp comme dans l'autre (ex : Touka et Koutarou). Kaneki fait alors office de lien entre ces deux mondes, il est celui par lequel le changement peut s'opérer, lui qui est à la fois humain et goule. C'est du moins ce qui est suggéré dans les premiers tomes, avant que tout parte en couille... Aux environs de la moitié du manga, l'auteur réoriente le récit sur Kaneki et sa lutte contre une vilaine organisation de goules, accompagnée d'un changement de look et de power-ups abusés.

Je ne comprends pas ce qui s'est passé. Soyons d'accord, la seconde partie n'est pas complètement mauvaise, malgré une fin précipitée (une suite a vu le jour en octobre dernier). Il n'y a rien d'exceptionnel mais ça se lit bien. Le reproche que je fais à l'auteur, c'est surtout d'avoir procédé à un tel revirement au bout de 7-8 tomes, délaissant au passage des persos intéressants tels que Touka et Hide. Hide représentait la part humaine de Kaneki, ce dernier n'est plus qu'une gentille goule défendant ses amis goules contre de méchantes goules. Là ça coince, parce que le manga entier reposait sur la dualité de Kaneki, qui s'exprimait jusque dans son regard. Sans elle, Kaneki est un héros de nekketsu ordinaire, avec un côté sombre et une forte volonté de faire le bien autour de lui. Toutes les problématiques intelligentes soulevées par la première moitié du manga s'évaporent et laissent place au déjà-vu. Dommage, ça partait bien...

Je n'ai pas évoqué les dessins, pour la simple raison que je n'ai pas grand chose à en dire. C'est classique, bon mais sans plus. Les combats ne sont pas mémorables, les couvertures sont cools et j'aime bien les quelques plans larges de la ville.

*Ken c'est moche, je préfère l'appeler Kaneki.

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