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Un printemps à Tchernobyl

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En 2008, quelques vingt ans après la plus grave des catastrophes nucléaires, Emmanuel Lepage se rend à Tchernobyl, en tant que membre d'une association engagée dans la lutte contre le nucléaire, pour témoigner au fil de ses dessins du désastre.

Il part conscient des risques et avec une certaine peur chevillée au corps - avant le début du voyage, une insupportable douleur lui tenaille en effet le bras avec lequel il dessine, elle ne s'estompera qu'arrivé sur place ! Il a en tête les images de l'accident et des hommes sacrifiés pour que la catastrophe ne soit pire, de l'évacuation définitive de toute une région, il a le souvenir des mensonges d'état et il s'attend à rencontrer une nature meurtrie, ravagée, grise, marquée à jamais par les stigmates de la catastrophe... mais son crayon saisit une nature exempte de quasi toute intervention humaine, une nature qui a repris ses droits, colorée et foisonnante. Emmanuel Lepage est dans le questionnement, dans un cheminement réflexif, il s'interroge sur sa propre légitimité à témoigner et sur ses motivations quant à sa participation à ce voyage. Il croyait confronter, braver le danger, la mort et se trouve à dessiner des choses qui ne disent pas la tragédie... car le danger est invisible. Le compteur Geiger est là pour rappeler l'omniprésence du danger et de la mort. Ce récit graphiquement superbe remémore aux lecteurs la catastrophe de Tchernobyl et ses conséquences, les rend moins abstraites, moins lointaines, moins désincarnées, en somme plus réelles.

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