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J'avais vu V pour Vendetta, le film, bien après qu'il ait cessé de faire le tour des conversations, et voici que je lis enfin le livre alors que tout le monde autour de moi l'a depuis longtemps fini, et à chaque fois, il faut bien le dire, c'est la célébrité de l'oeuvre qui a fini par me faire m'y pencher. C'est un must, il est vraiment bon, tu sais, c'est subtil ou que sais-je encore.
Et je dois bien admettre que, plus que par le film, j'ai été conquise par V for Vendetta, de David Lloyd et Alan Moore. Le temps (l'espace) qu'un support écrit peut consacrer pour développer ses personnages a bien sûr dû aider, de même que les graphismes qui, je dois le dire, m'ont vraiment convaincue.

L'Angleterre de V se présente comme celle d'une dystopie classique qu'un pouvoir totalitariste et fasciste domine. Depuis vingt ans, le pays accepte passivement d'être coupé du reste du monde, qui a essentiellement "disparu" durant la Terreur, et est dominé par le Parti aux ordres de l'ordinateur Destin. Les entités exécutives du Parti son violentes, ses mesures drastiques, mais le peuple se tait, puisque c'est le prix de la sécurité, jusqu'à ce qu'un terroriste anarchiste, qui se présente sous le nom de V, ne lui mette le nez devant ses responsabilités et cause un chaos propice à la réflexion et à la protestation, qui doit être le prémice de l'anarchie.
V est, en toute honnêteté, un psychopathe, ce qui fait une partie de la force du livre, qui dégage par là un côté beaucoup plus malsain que le film. Il voit ce qu'il entreprend comme une oeuvre théâtrale, et le processus - manipuler, torturer, déclamer - est plus important que le but - se venger, renverser le régime. Il connaît toute son oeuvre, et, souvent, on peut se demander si les scènes qui si déroulent "hors de lui" sont ce qu'elles sont où ce qu'il se fantasme, et cet effet de connaissance donne un côté assez intimiste que le graphisme renforce.

Le dessin de V for Vendetta est assez particulier. Il s'agit en quelque sorte d'un noir et blanc dont on a rempli les clairs de tons pastels (je suppose que c'est un truc du genre de l'aquerelle, mais bon, en fait mes connaissances me permettent juste de dire qui ne s'agit pas d'une huile sur bois du XVIème...) qui semblent n'être que des couleurs affaiblies, blafardes. Pour moi, ça éveille deux choses : tout d'abord, ça insiste sur le côté malade de la société que V présente, mais ce qui me marque surtout, c'est qu'on dirait un noir et blanc vaguement colorisé, ou un sépia taché d'humidité, un vieux film, donc, qui donne au récit un goût d'intemporalité et replace continuellement sa réflexion au goût du jour. Et puis bon, je trouve ça joli, même si parfois les personnages en deviennent difficiles à identifier.

Aux qualités de V for Vendetta viennent donc, comme souvent, s'ajouter des défauts. Ils ne sont pas forcément très nombreux, mais je trouve qu'ils sont suffisants pour mériter d'être mentionnés.
En plus de donner des personnages parfois un peu confus, le graphisme très sombre renforce l'impression de densité du récit et de l'action, ce qui rend l'ensemble parfois assez lourd. Il y a aussi certains visions simplistes qui détonnent dans l'ensemble assez réfléchi du roman d'Alan Moore, comme par exemple, ce monologue que le dictateur se tient à lui-même, sans témoin, durant lequel il dit qu'il est fasciste et que, oui, il sait, ça signifie être méchant. Je ne pense pas que ce soit une réflexion vraiment crédible.


Ainsi, par petites pointes, on retrouve des éléments qui viennent gratter l'émail de V for Vendetta qui n'en reste pas moins un bon livre, très certainement plus intéressant et plus riche sur tous les aspects que le film qui en a été tiré, qui présente à travers des personnages assez justes une réflexion politique et sociale bien amenée et bien réfléchie.
poko
7
Écrit par

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