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Avis sur Vol 714 pour Sydney - Les Aventures de Tintin,...

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Excellent album d'Hergé. Pas mon préféré mais très bien ficelé.

Tout d'abord l'histoire. Hergé décide de continuer ses expériences narratives, et sans doute également inspiré par les films hollywoodiens dont la trame est plus restreinte, il nous raconte ici une histoire de kidnapping qui finalement se résout, dans les grandes lignes, à la moitié du récit. Dans les grandes lignes seulement car il veille à ce que Rastapopoulos(et oui son énième retour), reste une menace. Pourquoi? Parce qu'Hergé veut parler d'autres choses que d'une aventure traditionnelle à la Tintin: il veut aborder les extra terrestres. Du coup, il ne se passe plus rien grand chose si ce n'est de la fuite, des découvertes, du spectaculaire, et rappelons le, un Rastapopoulos aux aguets menaçant le lecteur de rattraper Tintin. Malgré cette narration assez étrange on est pris dedans. L'obstacle du volcan réveillé participe certainement à cet entrain, mais rappelons tout de même que le professeur présent sur l'île les prévient assez tôt que tout ira bien, que les extra terrestres vont les sauver.

Ce récit, c'est un peu l'apologie du Deus Ex Machina. Hergé en a usé plus qu'il n'en faut dans ses premières aventures. Ici ce récit semble construit directement pour pouvoir utiliser un Deus Ex Machina grandiose, magique... et cela, l'auteur nous en avertit très tôt.

L'humour fonctionne très bien ici. Il ne pollue pas le récit, et, comme dans l'album précédent, les gags sont préparés à l'avance. L'auteur nous présente de nouveaux personnages et en fait une complète analyse psychologique (la scène du sérum est d'ailleurs formidable, un autre deus ex machina habilement mené) permettant de rebondir sur une multitude de gags hilarants.

Par rapport aux scènes, Hergé prend son temps pour raconter et c'est tant mieux. Fini les histoires où Tintin vit mille aventures en deux pages (sans omettre le Cliffhanger de fin de page, voire de strip). Ici on reste une fois de plus dans un 'certain' réalisme. Tintin est, toujours à mon sens, de plus en plus humain. On le voit même se disputer avec le capitaine et répliquer au professeur. Son visage est également plus expressif que jamais. Pour moi, Tintin commençait à vraiment devenir intéressant en tant que personnage. Ça m'attriste de toujours lire partout qu'il n'est qu'un personnage vide de l'intérieur alors que depuis Tintin au Tibet (que je n'ai pas aimé) Hergé fait tout pour le rendre plus humain. Tintin pleure, Tintin crie, Tintin rouspète sur quelqu'un d'autre que Milou...

Graphiquement, et bien si vous avez lu mes autres critiques, vous savez que je suis fan des masses de noir d'Hergé.. et bien dans cette histoire qui se passe principalement dans les sous terrains, il y en a à crever! Mais pas seulement les roches, tous les décors sont admirablement faits. Hergé prend même le temps de rire de son style gros nez par rapport à Rastapopoulos. Le découpage est de plus en plus mûr, on sent que le cinéma qu'Hergé regarde est en pleine évolution et qu'il prend de bonnes notes. Ainsi, jamais il n'y aura eu autant de gros plans dans un Tintin auparavant. Certains plans me donnent carrément l'impression d'avoir été redessiné par Franquin ... 10 ans plus tard!

Pourtant cet album, aussi maîtrisé soit il n'est pas mon préféré. J'aime beaucoup le lieu, mais pour moi ça ne dégage pas autant de charme que l'île noire, les montagnes des Incas ou encore la Syldavie. L'île paradisiaque c'est trippant, les extra terrestres aussi, mais j'en suis tout simplement moins fan. Néanmoins, en restant le plus objectif possible, je dois admettre que cet album reste parfait.

J'ajouterai également, pour clôturer cette critique que, si cet album fait penser à Lost pour certain, moi, ça m'a curieusement rappelé la dernier Indiana Jones. Nous savons qu'au moment où Spielberg a réalisé ce film, il avait une pleine connaissance de Tintin...nous savons aussi qu'Indiana Jones a toujours eu un petit côté aventure de Tintin, Steven n'a d'ailleurs pas peur d'en parler comme d'une référence. Alors serait-il possible que, d'une certaine façon, notre SS préféré (quel vilain jeu de mot rooooh) se soit inspiré de ce magnifique album pour pondre la pire aventure d'Indi jamais réalisée?

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