L'Aube des morts-vivants

Avis sur 120 battements par minute

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Par leur nationalité, leur ampleur romanesque et les questions politiques qu'ils soulèvent, on serait tenté de comparer 120 battements par minute, le dernier film de Robin Campillo et La Vie d'Adèle d'Abdellatif Kechiche en raison qu'ils ont incarné une forme voisine d'épiphanie émotionnelle lors de leur projection cannoise respective. Le film de Campillo, en effet, semble prolonger cette tendance des films français « palmable » en adoptant le même régime esthétique (dans une certaine mesure du moins) en s'appuyant sur les codes du mélodrame et en se parant d'une plastique naturaliste qui constituait le cap formel du film de Kechiche.

La comparaison aurait pu se poursuivre ainsi si le cinéaste n'avait pas mis ces deux pôles en opposition – qui débouche sur un relatif déséquilibre de la structure générale du film – là où La Vie d'Adèle ne faisait que les télescoper avec le résultat bouleversant que l'on connait. Pourtant, le film connait un démarrage admirable, notamment dans son premier tiers où est dépeint au travers des longues séquences d'assemblées générales de l'association Act Up Paris le portrait d'une jeunesse militante, animée par une pulsion de vie qui se couple à leur volonté politique. La durée de ces séquences, légitiment longues (excédant parfois les 10-15 minutes) est là pour laisser se déployer la parole militante, la laisser circuler, exprimant les dissensions au sein des membres, les préparatifs et débriefings des actions passées et futures, la communication préventive contre le VIH, la définition de slogans etc.

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