Contourner le voyeurisme

Avis sur 127 Heures

Avatar Eowyn Cwper
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Les biopics basés sur la survie, ça ne va pas toujours loin, et il y a souvent un fond de curiosité malsaine : Everest et Sanctum sont les cousins proches de 127 heures, des aventures héroïques avec un fort côté voyeur. Ce côté-là me dérange.

L'ouvrage de Danny Boyle me laisse cette impression aussi, mais il faut admettre qu'il ne s'est pas facilité la tâche en n'ajoutant pas de voyeurisme avoué ni de culte voué à l'agonie au prétexte que « ne vous en faites pas, ça se finira bien ». Mais il parle d'autres choses aussi : de la communion avec les éléments, qui demeurent l'allié de l'homme alors même qu'ils essaient de le tuer, et de la folie qui s'immisce sous son crâne par vagues et à-coups fiévreux (par les rêves et les hallucinations, quand la volonté a la force d'endiguer le reste). Boyle renoue là avec un cinéma bien à lui.

Il n'y a malgré cela pas grand-chose dans 127 heures (le sujet était très étroit), mais il est amusant de voir le réalisateur d'un film aussi fourmillant que Slumdog Millionaire se rabattre sur du contemplatif. Et du sportif. Car c'est un film qui a coûté cher en sueur et en claustrophobie, pour un résultat qui connecte aussi bien à l'amour d'Aron Ralston pour les canyons qu'à une fin suffisamment glorieuse pour qu'on conclue sur une moue approbatrice.

Quantième Art

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