It hurts

Avis sur 12 Years a Slave

Avatar Nerdedhel
Critique publiée par le

Vu au ciné, en VO.
Par où commencer ? Ce film relève du génie, tout simplement. Ce type de sujet, est à prendre avec des pincettes parce que voilà plusieurs décennies qu'on en voit passer des films sur l'esclavage, ça pourrait devenir lourd finalement.

J'aimerai comparer 12 Years A Slave avec le dernier film sur l'esclavage qui est sorti: Django Unchained. J'ai bien conscience que comparer avec Tarantino n'est pas recommandé mais c'est juste pour illustrer mes propos.
Django m'avait déjà pas mal retournée, mais sachant que la marque de fabrique du réalisateur est l'exagération on prend un peu de recul sur ce que l'on voit et sur les litres de sang, même si les faits paraissent réels.
Ici, avec 12 Years A Slave, tout est mesuré parfaitement, rien n'est exagéré. Les coups de fouet font sortir une dose de sang tout à fait plausible, les sévices sont réfléchis et s'enchainent parfaitement contrairement à Django où les sévices bien que réfléchis sont trop nombreux et ne nous laissent pas le temps de les assimiler.

Avant de parler des acteurs, j'aimerai prendre 2 minutes pour parler de la BO et de la qualité esthétique:
La BO, jazzy, bluesy, mélancolique, on a rarement l'occasion d'avoir une BO qui se marie aussi bien avec les images sans s'effacer complètement. C'est tellement agréable d'être accompagné par elle tout au long du film lorsqu'on pleure tout ce qu'on peut du début à la fin.
L'esthétisme, elle, me laisse bouche-bée. Oui, je sais, nous sommes en 2014, va falloir s'y habituer. Ici, ce qui m 'impressionne, ce sont les plans focus, ceux que nous avons souvent dans les films français où le personnage principal a un air de réflexion en regardant par la fenetre, blablabla, cliché. Mais 12 Years A Slave nous présente un personnage en gros plan, qui regarde au loin et dont les yeux brillants et d'un profond marron nous appellent à l'aide. Ce genre de plans que je boycott d'habitude sont ici parfaits et irremplaçables.

Très bien, j'arrive au moment où je fais l'éloge des acteurs:
Micheal Fassbender-> nous découvrons un possesseur de champs... possessif et cruel qui n'a que faire de la vie de ses esclaves. Fassbender est surprenant, à couper le souffle.
Chiwetel Ejifor-> le héro de toute l'histoire, celui qui essaie de retrouver sa famille et sa liberté en obéissant à ses propriétaires. Ejifor me provoqua des crises de larmes du début à la fin, la sincérité de cet acteur est impressionnante.
Paul Dano-> aaaaaaaah LE personnage que l'ont souhaite voir bruler et découper en morceaux puis donné aux chiens. Dano est incroyablement convainquant.
Lupita Nyong'o-> le souffle-douleur de Fassbender. Celle qui va supporter les mauvaises humeurs de la femme du propriétaire, jalouse (Sarah Paulson qui est absolument splendide). Celle qui va supporter les pulsions du propriétaire.
Benedict Cumberbatch-> le personnage qui sera le juste milieu entre ceux qui sont contre et ceux qui sont pour l'esclavage. Cumberbatch est le personnage qui veut aider les esclaves en difficulté mais qui a peur de ce que peuvent penser les autres blancs. Encore et toujours touchant.
Brad Pitt-> je veux juste signaler que malgré les affiches publicitaires, Pitt n'apparait que 20 min et n'est pas si extraordinaire que cela.

Pour conclure, je dirais que 12 Years A Slave est époustouflant mais vous donne un gout amer de l'humanité et de ses trahisons.
Je n'ai jamais vu autant de personnes sortir de la salle de cinéma en pleine crise de larmes.
Il est bouleversant et je ne suis pas sure de m'en remettre un jour mais je lirai le livre du personnage principale Salomon Northup sur lequel est basé le film parce que c'est le meilleur témoignage d'esclave que l'on puisse trouver.

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