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Avis sur 20th Century Boys

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Deux manières d'aborder ce 20th Century Boys : soit on le prend pour ce qu'il est, un film japonais de science-fiction dans lequel une bande de copains en vacances dans les années 60 s'amusent à réinventer le monde et imaginent la fin du monde dans un cahier des prédictions, jusqu'à ce que trente ans plus tard, ce que les gamins avaient imaginé se réalise au point qu'ils en viennent à soupçonner l'un d'entre eux d'être l'auteur de la vague d'attentats dans le monde. Soit on trace un parallèle constant avec l'oeuvre originale de Naoki Urasawa dont est tiré le long métrage de Yukihiko Tsutsumi, un manga très célèbre au pays du soleil levant.

Dans les deux cas, le constat sera sensiblement le même.

En effet, dans le premier cas nous avons affaire à un film qui est la parfaite synthèse des angoisses de la société japonaise : la fin du monde, la menace bactériologique, bref, l'ombre d'Hiroshima qui continue de s'étendre sur tout un peuple marqué pour plusieurs générations. Car s'il est une chose qui revient souvent dans le cinéma japonais, ce sont bel et bien les appréhensions apocalyptiques que l'on trouve aussi bien dans les films d'horreur que dans la science-fiction ou les mangas (de Kaïro à Neon Genesis Evangelion en passant par The Returner) et qui font toute la spécificité de leur culture. Une sorte de post-09.11 qui contribue à la richesse d'un pays dont le cinéma n'est hélas pas la priorité. Et cela se voit dans 20th Century Boys, très gros risque budgétaire pour la Nippon Television Network Corporation qui se lanca dans un projet de trilogie pour adapter les 24 volumes composant le manga originel. Un pari osé qu'ils ont confié à... un modeste réalisateur de drama. De ce fait les défauts inhérents aux séries télévisées japonaises se retrouvent dans le film, malgré une volonté indéniable de travailler à la fois esthétique et mise en scène (on citera par exemple l'effet "caméra flottante" donnant une impression de trouble tout au long du long métrage) sans jamais négliger l'aspect narratif.

Dans le second cas, une adaptation fidèle des cinq premiers volumes voulue par le réalisateur, avouant lui-même s'être servi du manga comme story-board afin de coller au plus près à l'état d'esprit et au visuel qui fit le succès de l'oeuvre. Un problème dès lors qu'il s'agit de mettre du rythme à une histoire qui souffre de longueurs terribles dans la partie centrale la composant, d'autant que le film atteint les 2H20. La passion est certes présente mais elle ne suffira pas à tenir en haleine de bout en bout et le dernier segment apparaitra comme libératoire à défaut de jubilatoire, surtout quand les moyens manquent à l'appel.

Certaines promesses sont tenues, d'autres non, et l'on ressort très mitigé de la salle de cinéma malgré une bande annonce prometteuse à la fin du générique, annonçant un second volet plus relevé. En attendant, on aurait bien aimé que celui-ci le soit un peu plus.

En bref : 20th Century Boys constitue une bonne entrée en matière dans l'univers du mangaka Naoki Urasawa mais pêche par son manque de moyens et un réalisateur à la mise en scène parfois trop fébrile. Malgré des qualités certaines, la partie centrale souffre de longueurs qui en décourageront plus d'un. En espérant mieux pour 20th Century Boys II.

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