A l’aube, il croqua sa pomme sur un amas de Perses joyeusement démembrés…

Avis sur 300

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Tapoter mon illustre clavier parsemé de miettes (ouais j’achève mon paquet de Pepito là, ça vous la coupe hein ?) pour critiquer un film sorti sept ans en arrière, ce n’est pas anodin. La faute à mes éclaireurs, vingtaine de fins limiers qui attribuent au film de Snyder une moyenne qui peine à dépasser le cinq. La faute aussi à tous ces gens : les amis, les amis d’amis et parfois même les amis amis avec les amis de mes amis qui depuis toutes ces années n’ont cessé de me répéter « 300 ? Non, mec. 300 fois non. Ce film est juste débile. »

Je ne compte pas livrer ici la révélation du siècle ; oui 300 n’a rien d’un traité de philosophie mais bon dieu que ce film est décomplexé si on l’aborde au second degré. Je l’évoquais dans mon titre, prenons cette scène emblématique où Léonidas grignote paisiblement sa pomme sur une montagne de corps déchiquetés pendant qu’un spartiate achève les blessés au second plan dans un concert de hurlements plaintifs. Je n’y peux rien, ce genre de détails loufoques me fait marrer et il faut avouer que Snyder n’est pas avare en la matière. Il en va de même pour l’armée Perse, le cirque Pinder fait pâle figure à côté. On a droit à du troll des cavernes, à du géant grognon au quotient intellectuel de moineau, à de l’éléphant, à du rhinocéros et même à un Xerxès gérant d’une boutique de piercing. Le tout face à une poignée de mecs à moitié à poil qui se fendent la poire entre deux assauts ennemis. Alors le fameux « 300 ? Non, mec. 300 fois non. Ce film est juste débile », je veux bien l’entendre, à condition de rajouter la mention « c’est débile mais carrément jouissif ».

300 est pour moi la quintessence du divertissement, grand délire flirtant à merveille entre le grotesque et l’épique. De la bravoure, de l’hémoglobine, un méchant charismatique, un gentil charismatique et des pectoraux charismatiques. Que demander de plus ?
Sans oublier que le film possède une identité visuelle qui lui est propre, elle pourra rebuter ou plaire mais on doit au moins lui reconnaitre une prise de risque comparée à la farandole de blockbusters visuellement fades et identiques. Quant aux critiques concernant l’armée perse, celles qui évoquent un racisme latent, je reste dubitatif pour une raison simple. Nous ne sommes pas en présence d’un film historique, à aucun moment je n’ai abordé la chose au premier degré. Tout y est revu et revisité pour servir le spectacle. Même si le récit empeste le manichéisme à pleines narines, celui-ci s’estompe bien vite parce que c’est con, parce que c’est Sparte, parce que c’est toi et parce que c’est sacrément divertissant.

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