Vers l'infini et au-delà.

Avis sur 47 Ronin

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47 Ronin version 2014 est une réussite, incontestablement.

Je m’explique : refourguer un pâle remake foireux comme on en croise des dizaines dans les salles obscures, cela semblait bien trop commun pour un réalisateur aussi ambitieux que Carl Erik Rinsch. Pour sortir du lot, il convient parfois d’aller au bout de ses convictions, donnée parfaitement assimilée par le bonhomme. Ainsi, pourquoi se contenter d’un film simplement médiocre quand on peut faire dix fois pire ? C'est-à-dire repousser les limites de la nullité vers de nouveaux horizons, que dis-je, vers l’infini et au-delà ! Car si celle-ci a été exploitée sous toutes les coutures, rarement elle ne l’a été comme objectif premier. Atteindre la quintessence du médiocre, en voilà une entreprise louable. De la merde, oui, mais concoctée avec amour, soigneusement affinée, une cuvée qui vise l’excellence !

Ceci explique donc le soin apporté pour ruiner un scénario de base fantastique. Aux chiottes les valeurs du Samouraï. Au diable la partialité du Shogun. A la cave l’honneur du clan. Exit tout ce qui fait le grandiose de la légende, grandiose que l’on retrouve par exemple dans la version de Mizoguchi. Non, non, pas de grandiose dans ce remake, « surtout pas ! » s’écriera Rinsch lors du premier jour de tournage (d’après la légende, il aurait prononcé la fameuse sentence en s’extirpant des toilettes, une moitié de scénario en main). Du coup, place à la sorcière maléfique, mi-femme fatale, mi-renard fantaisiste. Actrice qui joue d’ailleurs aussi bien la méchante que je parle mandarin. Accueillons ensuite la ribambelle de démons aux faciès de moines tibétains fraîchement immolés et un Keanu Reeves qu’il aurait fallu laisser roupiller dans la matrice. Ajoutons à cela une princesse en danger, un gentil seigneur, un méchant seigneur, un zeste de Mononoke, un soupçon de 300 (ouais y’a du troll des cavernes mais ils ont oublié de piquer le côté épique et le second degré en cours de route) des dialogues à se faire Seppuku sur-le-champ et la fameuse larmichette finale et vous obtenez 47 Ronin version 2014, une sacrée réussite, incontestablement.

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