The Skateboard Club

Avis sur 90's

Avatar François Salvador
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"Souvent, tu penses que ta vie est la pire mais si tu connaissais réellement celle des autres, tu ne souhaiterais pas les échanger." Voilà un parfait résumé de ce qu'est le milieu du skateboard et c'est ce qu'en a retenu Jonah Hill, le réalisateur de Mid90s.
Dans ce film très réaliste, notre regard tourne autour d'un gamin maltraité par son frère et abandonné par sa mère, qui trouve du réconfort en s'attachant à une bande de jeunes plus âgés. Ici, tout est question d'apprentissage, que ce soit du skateboard ou de la sexualité, voire même pour les acteurs quasiment tous amateurs ; entre première cuite et première fille, tout se partage dans ce petit monde. D’ailleurs, le fait que le hip-hop prenne une telle importance dans l'heure et demie passée en compagnie des garçons n'est pas une surprise. Entre drogue et refus de l'autorité, un pont est tout tracé entre ces deux communautés underground. Pourquoi écouter ses parents ou respecter les policiers quand leur rôle est déjà occupé par les plus anciens du quartier ?
Oubliez les Kids de Larry Clark où les adolescents découvraient la dureté de la vie en s'enfonçant dans un vide existentiel, cette fois-ci, l'espoir est permis car les personnages luttent ensemble pour s'en sortir. Point de noirceur new-yorkaise mais une luminosité californienne avec clins d’oeil à la Pop Culture (Super Nintendo, marques iconiques de skate et blague sur les mères). Rien de surprenant à ce que le novice rassemble tout le monde autour de lui, comme si le besoin du petit frère était nécessaire pour ces grands garçons qui ont grandi trop vite.
Aussi, l'écriture des individualités parait coller à ce qu'a vécu Jonah Hill, celle des Seigneurs de Dogtown, où chacun essaye de se sortir de sa vie difficile. On le perçoit notamment dans le personnage de 4th Grade qui filme les exploits de ses copains en permanence alors qu’il parait le plus abîmé, comme si cela lui permettait d’échapper à sa réalité. Même la forme de rivalité qui semble s'installer entre les deux plus jeunes est une illusion révélatrice du mal-être de chacun face à sa propre misère.
Finalement, point de mélancolie comme on pouvait s’y attendre mais une certaine nostalgie ressentie quand vous avez connu ce passage de la jeunesse à l’ère ado. Quiconque a été sauvé par les jeux vidéos ou le skateboard vous le dira, le seul combat c’est contre soi-même qu’on le mène quand il faut oser affronter le regard des autres pour qu’ils vous acceptent. Un vrai saut dans le vide si bien représenté dans une scène marquante de Mid90s qui reste le meilleur jumpscare possible.
Merci à Jonah Hill pour cet hommage en format 4/3 si proche de la vie qu’ont connue des millennials avec en bonus les quelques notes au piano de Trent Reznor qui accompagnent si bien ce voyage initiatique qu’était le notre.

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