Test à la menthe

Avis sur ADN

Avatar QuentinBombarde
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ADN suit Maïwenn devant et derrière la caméra dans une autofiction trop autocentrée pour son propre bien et celui de son formidable casting.

ADN suit ainsi la crise identitaire de Neige, qui après le décès de son grand-père tente d'explorer ses origines algériennes. Cinquième long-métrage de Maïwenn, qui a fait du mélange entre autofiction et récit un style à part entière annoncé dès son douloureux mais fort Pardonnez-moi, ensuite porté aux nues avec Le Bal des Actrices et Polisse, qui avait décroché le Grand Prix du Jury à Cannes. ADN revient donc, après Mon Roi, qui avait également valu à son actrice Emmanuelle Bercot un prix à Cannes, aux racines du cinéma de son auteure, qui s'égare cependant ici dans un film trop autocentré pour son propre bien.

Parce que comme Xavier Dolan dans son bancal Ma vie avec John F. Donovan, Maïwenn répète ici son cinéma dans des redites qui tentent tant bien que mal de faire exister un énième milieu familial toxique porté par une distribution impériale ici volontairement laissée de côté. Si Maïwenn a ainsi fait de la direction d'acteurs un véritable point fort de sa filmographie, elle ne laisse ici à son casting que trop peu pour exister, donnant seulement un peu de chair au numéro d'une toujours impériale Fanny Ardant et d'un étonnamment hilarant Louis Garrel. Parce que le film regarde irrémédiablement son actrice et réalisatrice de trop près, il lui doit ainsi son goût aussi sincère qu'inabouti.

Parce qu'à l'instar de sujets comme la réconciliation fraternelle et celui d'un deuil douloureux, ADN fait le choix de questionner, délaissant rapidement nombre de pistes inabouties pour un récit qui filme au premier plan une quête qui ne suffit malheureusement pas à remplir un long-métrage. De tous ces grands questionnements sur nos origines qui nous amènent à être nous-mêmes, Maïwenn tranche et en délivre celui d'un film trop autocentré qui ne nous fait jamais ressentir le poids du deuil ni celui de l'héritage tant il passe son temps à effleurer sans jamais réellement confronter tous ces grands sujets qui permettaient au film de sortir de l'autofiction pour toucher quelque chose de plus universel.

Si ADN rejoint ainsi les précédents longs-métrages de la réalisatrice dans leur sincérité à fleur de peau comme des miroirs de la personnalité de leur auteure, le cinquième long-métrage de Maïwenn se fait cependant plus maladroit et plus fragile, comme écrasé par tous ces grands thèmes qu'elle se trouve ici contrainte à minimiser dans un déballage fait de redites et d'auto mise en scène qui dont d'ADN une autofiction maladroite qui laisse un goût d'inachevé.

De cette quête d'origine et du poids d'un héritage familial douloureux pour un récit d'acceptation et d'émancipation il n'en reste ainsi rien qu'un petit essai trop autocentré qui délaisse l'universel de ses sujets pour un modeste nombrilisme aussi sincère qu'inabouti.

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