Mi-figue d'Algérie, mi-raisin français

Avis sur ADN

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Très franchement, je suis partagé face au nouveau film de Maïwenn. Je vois ce qu'elle a voulu raconter mais les ingrédients qu'elle utilise m'ont souvent déstabilisé. Pourtant, ça parle de deuil, de racines, de sentiment d'appartenance à l'Histoire, de quête de soi, d'une génération qui s'éteint. Des belles thématiques universelles qui ne peuvent que résonner en nous, d'une façon ou d'une autre. Mais bizarrement, ayant récemment traversé une période de deuil, j'ai été hermétique à toute la première partie ; tourbillon de larmes, de retrouvailles familiales hétéroclites, de préparations funéraires... Quand on prend les comédiens à vif dans leur individualité, c'est très juste. Dylan Robert, sur le coup, m'a bien surpris. Mais dès que la notion de groupe apparait, j'ai trouvé que c'était trop, que ça riait quand il ne fallait pas et que ça s'engueulait gratuitement pour montrer qu'une famille c'est jamais tout rose. Et puis j'ai eu aucune sympathie pour ces personnages égoïstes, bruyants et incapables de la moindre concession. Ça en fait peut-être rire certains mais moi ils m'ont globalement énervé. Seule Fanny Ardant se démarque en apportant une authenticité vibrante lors d'une scène étonnante. Alors sans doute que je me suis blindé au vu de ma situation personnelle et qu'il y a besoin de toute cette animation pour suggérer toute l'ambiguïté de ces moments particuliers, entre joie d'être ensemble et peine profonde que chacun gère à sa façon. Donc oui, je pense ne pas avoir vu ce film au bon moment pour le considérer à sa juste valeur. Cela dit, ADN va au-delà de la chronique familiale et propose la voie de la reconstruction du "moi". Quelle identité se donner suite à la disparition du doyen ? Quelles valeurs préserver ? Ça m'a plus parler, mais encore une fois on retrouve le côté double tranchant. Bon, le placement de produit de MyHeritage, le test ADN que passe Neige, peine à emballer et parait être un dispositif bien futile pour cerner le séisme naissant du personnage principal. Ça m'a totalement sorti de la fiction et j'y ai vraiment vu des plans propres au documentaire. Parce qu'on s'aperçoit qu'en se plongeant dans ses origines algériennes, le personnage parle un peu de son interprète. Une large part de Maïwenn imprègne la dernière partie du film. Le côté ego-trip, plein de larmes et accoudé à des seconds rôles tout aussi larmoyants, m'a détourné de cette prise de conscience identitaire. Cependant, ADN m'a surpris dans ses dernières minutes, par son axe plus historique voire documentaire. Les plans du bain de foule dans les rues algériennes, filmés de façon assumé à l'IPhone ne disent pas forcément grand chose et ça n'aboutit pas sur une fin digne de ce nom mais c'est le moment qui m'a le plus touché car ce qui compte dans ses périodes de crise, c'est de reconnecter à la réalité, aux autres, et de retrouver le sourire...

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