Cette semaine de vacances, c'est ma semaine Wes Anderson: Un jour, un film, un Wes.
Découvert cette année en salle avec The Grand Budapest Hotel, je me régale avec le reste de sa filmographie.
Aujourd'hui est un grand jour mes amis, parce que vous allez regarder le film avec moi. Eh oui ! Ou plutôt, vous allez lire mes pensées pendant que je le regarde. C'est fou, hein ! C'est comme être en live dans ma tête ! Allez, c'est parti.

J'insère le Blu-ray dans le lecteur et je lance la version complète, comprenant le court-métrage « Hôtel Chevalier » en première partie. Je l'avais déjà vu sur internet, mais ça on s'en contrefout. Vous êtes maintenant connectés à mon cerveau. Nous ne faisons plus qu'un, cher lecteur, chère lectrice. C'est comme si on faisait l'amour, mais sans le plaisir charnel.

« Natalie Portman nue. Je sens d'emblée que je vais adorer ce film, quelle esthétique !

Bill Murray qui court. Je sens que je vais aimer ce film.

Adrien Brody qui court au ralenti. Et cette musique... Ça y est, Wes m'a embarqué dans son film en même temps qu'Adrien dans le train. Il n'aura pas fallu longtemps.

Bordel, mais pourquoi ? Pourquoi tous les acteurs sont-ils géniaux dans les films d'Anderson ? Qu'est-ce qu'il leur fait ? Ils jouent tellement bien ! Vous voulez me faire aimer un acteur ? Mettez-le dans son prochain film. Ce trio Wilson/Brody/Schwartzman est jubilatoire.

Rire.

Que c'est BEAU ! Ces couleurs, ces détails... Et ce cadrage. Il est de ces réalisateurs au style cohérent et récurent ; on prend une scène au hasard d'un film x, on regarde quelques minutes, et on dit : ça, c'est du Wes Anderson.
Quand je dis film x, c'est pour représenter l'inconnu, à quoi vous êtes en train de penser, là ? Cela dit, ce serait marrant, un porno by Wes Anderson... Ah, mais ça a été fait ! https://www.youtube.com/watch?v=aeopJiWnkFI
C'est cadeau. Rien que pour vous.

Bon, ce sera 7/10 Minimum... RAAAAH, mais pourquoi je pense à ça, moi, au lieu d'être dans le film ? C'est le côté obscur de Sens Critique...

Décidément, ce film est celui où il a décidé de mettre plein de ralentis. Mais ça fait trop coooool... Alors c'est bien.

Rire.

Raaah, dommage, je n'ai plus de Ben & Jerry's, j'aurai bien mangé une petite glace...

NAGEZ ! NAGEZ ! ALLEZ ! SAUVEZ LES ENFANTS !

Ce petit indien joue trop bien.

Émotion.

Je veux aller en Inde.

Rire. C'est parce qu'il y a de l'humour, voyez-vous. Et j'y suis sensible.

Voilà, il l'a encore fait. Comme dans tous ses films, on aurait tendance, de prime abord, à se dire : « Moui... C'est amusant, d'accord. Mais c'est un peu superficiel, non ? Ça ne véhicule pas matière à réflexion... » Et puis, au bout d'un moment, on réalise que si. Derrière la maîtrise artistique, il y a des messages. Mais attention, c'est fin, c'est distillé dans le film tout entier... Et c'est pour ça que c'est si bon.

Clairement 8/10 ♥...

Ce film ne fait pas exception. Ce sentiment d'absurdité qui perdure au fur et à mesure de l'aventure... Ces trois occidentaux aisés qui voyagent en intrus, et qui restent des étrangers aux yeux des locaux... Sauf quand les barrières se brisent, ce que le film vient de me montrer avec brio.
Cette « quête spirituelle » qu'ils s'obstinent à poursuivre était vaine jusque là, mais finalement, elle lie les trois frères et les transforme. « Le chemin pour l'atteindre est plus intéressant que le but en soi », comme on dit.

En tant que baroudeur aguerri, je me retrouve entièrement dans ce sentiment que seul le voyage offre, ce rapprochement impromptu qui se fait avec les gens, cette prise de recul sur soi...
Grand moment de cinéma.

Rire.

Mais on retrouve aussi LE thème si cher au réalisateur : la relation parents/enfants. En effet, maintenant que j'ai vu tous ses long-métrages, aucun n'échappe à cette boucle conflictuelle. Toutes les déambulations, les péripéties et les facéties ne sont en fait que le décor d'une souffrance familiale.
Anjelica Huston se voit attribuer le même rôle à chaque fois : celui d'une femme forte, charmante mais froide ; incarnant cette fois une mère qui fuit ses fils.
À mon avis, ce pauvre Wes doit avoir de sacrés troubles familiaux. En tout cas, ses films sont toujours aussi émouvants, et celui-ci me touche particulièrement.

Mais où sont Natalie et Bill ? Apparemment, ils font vraiment de la figuration de guest-star. Dommage, j'aurais bien aimé une p'tite scène quand même, c'était bien la peine de les avoir sous la main... Enfin, c'est comme ça.

QUOI ? C'est déjà fini ? Mais... Mais... je ne veux pas que ça finisse, moi ! Je regarde le générique jusqu'à la fin.

Bah, de qui je me moque ? 9/10 ♥ !

Eh, partez pas ! J'ai pas fini ma critique ! Je sais que c'est pas agréable de lire tout ce que je pense, mais accrochez-vous parce que je me mets les bonus.

J'ai vu Jason Schwartzman faire la cuisine en caméo. Ça n'a... Aucun intérêt en fait !

Ils ont engagé des peintres pour décorer le train. D'accord. C'est pour ça que c'était si beau. Rien ne vaut un bon artisanat. Sur les murs des wagons, chaque motif, chaque petit éléphant, est peint à la main ! Si si, cousin ! À la main ! Un jour par éléphant ! Je te laisse faire le calcul.

Adrien Brody qui joue au cricket avec les enfants. Ils n'auraient pas dû la couper, cette scène, je l'aime bien, moi !

Bon, je sens que vous commencez à saturer... Moi aussi. »

Et voilà. Vous venez de regarder un film à travers mes yeux ! Ça fait comment ? Pour ma part ça s'est plutôt bien passé.

Je garde un forte impression de ce premier visionnage (oh oui, il y en aura d'autres). Il y a ce feeling d'extase et de perfection qui s'introduit en moi après chacun de ses films. Mais c'est fini. Je ne peux plus avoir le plaisir de découvrir un Wes Anderson. Jusqu'à la sortie de son prochain, en tout cas.

J'ai vraiment pris mon pied, quoi. J'espère que vous aussi. Sinon c'est que vous êtes des rustres. Il restera tout de même en deuxième place, derrière mon incontestable favori, The Grand Budapest Hotel. Comme quoi, la première fois, ça marque. Ha. Ha. Je suis trop drôle, t'as vu.

Surtout n'hésitez pas à m'insulter dans les commentaires pour que je ne fasse jamais un deuxième épisode de ce concept affligeant. Je vous fais des bisous partout, amis lecteurs, amies lectrices.

Je vous aime.

http://www.senscritique.com/liste/Read_My_Mind/599485

Le 26 août 2014

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