Garcia dans une comédie française = navet. On en est assurés, maintenant.

Avis sur À fond

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C’était une fin Septembre, ou une fin Octobre, à vous de choisir. Les cinémas Pathé Gaumont organisaient dans toute la France une projection spéciale pour la présentation de leur nouvelle carte : après quarante-cinq minutes de bandes-annonces le spectateur aguerri avait droit à un film surprise. Nul besoin de mentir : les uns et les autres rêvaient pour la plupart d’une avant-première du feu de Dieu, du « Doctor Strange » ou du « Star Wars 3,5 », tout ce que Disney avait planifié dans son emploi du temps et qui devait sortir à la fin de l’année dans notre beau pays.

Quelle n’a pas été la déception lorsque ces mêmes spectateurs ont vu surgir d’une bordure de lit la tête d’un José Garcia semblant toujours excité à coup de pilules contrefaites. Donc, après les deux « Babysitting », voici « À fond », comédie burlesque bien de notre époque. Le bien-nommé Nicolas Benamou avait déjà travaillé sur les ridicules et gênants « Les Kaïra », « Paris à tout prix » ou « Fatal ». Comme ils le disent si bien en physique : « rien ne se perd, tout se recycle, même les merdes ». La citation a possiblement été retouchée.

Peu importe, on tombe dans ce film comme dans un puits sans fond : un début mignon tout rond nous agresse les tympans à coup de cris d’enfants, un sketch sur les oublis des uns et des autres, affaires de gosses qui ne font pas rire, même pas l’employé sous-payé du studio qui sera obligé de foutre un 5/5 sur AlloCiné sous peine d’être viré. Il fait déjà ça pour tous les films avec Kev Adams, le pauvre. Mais tout à coup, rebondissement incroyable dans le film de Benamou : une voix bien connue et inimitable surgit des profondeurs marronnasses , André Dussolier apparaît, c’est lui qui joue le grand-père. Allons bon, cela ne va peut-être pas être aussi terrible. Malchance : il sur-joue du début à la fin (les gamins sont encore meilleurs que lui, c’est pour dire), tentant de s’imprégner de l’atmosphère de ce genre de comédies mais ne parvenant qu’à la rendre plus insupportable encore. Allez, partons sur la route, au bout de la trentième (!) minute de film! Une suite de situations mal écrites, tellement grotesques et mal foutues que cela en devient réellement gênant, de la Charlotte Gabris faisant on ne sait quoi dans un personnage ne servant qu’à apporter encore plus de situations idiotes, ou les participations de comiques aimés des français pour faire monter un peu le nombre de places au box-office (dont deux devenus depuis présentateurs des Césars, amen).

Bon, vu qu’il y’a quand même trois scénaristes, il va bien falloir prouver qu’ils ont bossé pour mériter leurs salaires, avec la petite prime de Noël qui va si bien avec. Alors est rajouté une histoire de tromperie embarrassante :

la mère de famille qui couche avec le peintre raté du dessous

, bien-sûr Garcia ça l’énerve et… Bon sang, le film est tellement pas marquant que la suite en est oubliée. Bon, vous n’avez rien à faire dans les deux heures qui vont suivre, et, par chance, vous avez trouvé une place gratuite par terre qui correspond à une séance de ce film qui se déroulera dans 5 minutes? Eh bien ne le remettez pas par terre, foutez-le directement à la poubelle, rien que pour sauver la santé mentale du futur inconscient qui aurait pu, lui, ramasser ce ticket, entrer dans cette salle et regarder ce film digne de faire partie de la liste des pires films de 2016. Allez plutôt payer une place pour le nouveau Jarmusch, ou pour le dernier Assayas. Ça vaudra mieux pour la santé du monde.

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