Wonder... Wander...

Avis sur À la merveille

Avatar Kolynou
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Après seulement 2 ans d’intervalle avec la sortie de Tree of Life, Terrence Malick nous présente : To the Wonder. Le film n'est pas exceptionnel que par son laps de temps de réalisation record, très loin de ce dont le réalisateur nous avait habitué. Le film suit de très près le précédent sur bien des aspects. La même lenteur et la même esthétique métaphysique sont au rendez-vous. Ici on ne parle pas d'une jeunesse traditionnelle américaine difficile à vivre sous l'autorité austère d'un père de famille. Mais plutôt de la rencontre entre 2 adultes, de 2 cultures différentes, qui ont du mal à se comprendre et à se suivre malgré leur amour. La difficulté du couple est ici pointé du doigt avec les figures de la famille recomposée, les infidélités et la solitude de l'un lorsque l'autre est absent.

Ici, l'amour fulgurant dont Neil et Marina sont victime est une épreuve pour eux comme pour le spectateur. Le film a beau être magnifiquement filmé, le problème est qu'il n'est que magnifiquement filmé. A force d'enchaîner beau plan sur beau plan, on peine à se raccrocher à l'histoire. Et quand on tente de rentrer dans l'histoire, l'enchainement de plans contemplatifs consécutifs sur des mains qui montent au ciel pendant plus de 2 minutes, nous fait un peu désespérer. Difficile aussi de trouver l'histoire crédible quand pour Terrence Malick (qui a oublié ce qu'est une vraie relation) ne nous montre plus qu'une femme et sa fille sauter sur le lit et courir dans les champs.
Le réalisateur met également en parallèle de l'intrigue principale celle d'un prête qui doute de sa foi. Dans Tree of Life Terrence Malik bouleversait le fragile équilibre de la famille par ce parallèle avec la création du monde. L'histoire sur ce prête tente au contraire de consolider la fragilité de l'équilibre général du film. Il ne rajoute pas grand chose à l'intrigue mais est une belle occasion pour découvrir une Amérique profonde. Les problèmes économiques touchent des quartiers de familles modestes par milliers réduites à la prostitution et à la drogue pour à peine s'en sortir. Une réalité très touchante à voir qui rappelle d'une certaine manière le film Land of Plenty de Wim Wenders, mais qui malheureusement ici n'est pas le sujet principal du film et laisse la sensation de vite passer à la trappe. Des grands espaces américains magnifiques qui donnent envie de s'évader. Sauf qu'on est hyper concentré sur l'intimité du couple qui se détériore progressivement, et l'attention du spectateur avec (s'il n'est pas bien réveillé ou peu courageux).
Le film se veut être un poème en image : les mots sont murmurés, à peine audible et pourtant ils veulent avoir l'impact d'une révélation. Les rayons de soleil éclairent doucement la beauté des actrices exacerbante, comme les paysages et décors qui sont édulcorés. On en ressort de la salle sans trop plus savoir où on est, comme après un rêve éveillé. La musique, une variation de notes tenues, comble le sentiment irréaliste du film.

Terrence Malick continue sa lancée sur Tree of Life. Le film est très beau et est à voir pour compléter une certaine culture cinématographique. Même si ce n'est que pour mieux le détester après. A force de vouloir faire dans la contemplation et les réflexions métaphysiques, on ne va plus s'assoir dans la salle de cinéma pour se distraire. Le film est définitivement destiné à une certaine élite.

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