Un Malick retrouvé

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Il m'a fallu du temps. Un peu plus que d'habitude du moins pour me décider d'écrire à froid une critique sur le dernier film de Terrence Malick qu'est A la Merveille. Le cinéaste a changé son fusil d'épaule dans la manière de nous offrir un dernier bébé puisqu'il aura fallu attendre à peine une petite année pour voir le cinéaste revenir après The Tree of Life.

Je vais donc me positionner parmi ceux qui ont clairement adoré ce film. Bien meilleur que The Tree of Life justement alors qu'ils traitent des mêmes sujets, mais d'un point de vue et d'une humilité absolument différentes. C'est du Malick retrouvé, un excellent cru. Je peux évidemment comprendre ceux qui n'ont pas aimé le film. Cette histoire d'amour peut paraître niaise, nous pouvons nous demander pourquoi ces femmes se sentent obligées d'être aussi légères, de se balader en dansant ou en levant constamment les bras. Mais bon, ce cinéaste a toujours fait ça, ça ne changera donc pas.

Chez Malick, les personnages sont souvent des êtres symboliques, sans réels caractères, difficiles à découvrir. Ils ne sont que les représentations des messages que veut faire passer le cinéaste. Ici, l'amour est au centre du récit. Il s'agit de la passion que vouent deux personnages. L'un vis-à-vis de sa femme et l'autre vis-à-vis de Dieu. Mais tous deux sombrent en plein doute.

C'est donc l'amour qui est montré dans sa beauté et aussi dans sa difficulté. Des hommes qui cherchent des questions à leur réponse et surtout qui semblent devoir trouver cette place sur cette terre. Au sérieux de l'homme et des interrogations se substitue parfois la légèreté de la femme, son innocence, sa grâce et sa splendeur. Mais il serait réducteur chez Malick de considérer la femme comme telle. Elle est aussi en proie aux doutes et aux interrogations.

C'est la place de l'homme face à la nature que le cinéaste tente aussi de démontrer. Une place qui n'est vraiment pas simple à trouver. La nature dans toute sa splendeur et magnifiée une fois encore par Malick et son style si particulier. Ce n'est pas étonnant de voir que le personnage masculin contrôle la pollution de certains sites. Le cinéaste a toujours été un fervent écologiste.

En fait, la grande différence avec The Tree of Life est l'humilité dont fait preuve le cinéaste. Exit le dinosaure qui pardonne, exit la grandiloquence. Place cette fois à l'intime et à une dimension plus personnelle, plus humaine. C'est en cela aussi que l'histoire demeure finalement plus touchante. Le film pose plusieurs interrogations, donne à réfléchir.

Il m'est très difficile de parler de Malick et de ses films car il s'agit de réelles expériences, difficiles à raconter mais qui doivent se vivre. Après, je pense qu'on accroche ou qu'on rejette, il y a un très rare juste milieu chez le cinéaste.

Affleck obtient par ailleurs là un beau rôle mais la vraie révélation du film demeure à mon sens la très charmante Olga Kurylenko, franchement envoûtante.

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