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À vif ! par pierrick_D_

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Adam Jones,jeune cuisinier anglais surdoué,est devenu chef d'un grand restaurant parisien mais il a craqué sous la pression du succès,de l'alcool et de la drogue avant de disparaître pendant trois ans.Le voici de retour à Londres,bien décidé à reconquérir son statut perdu.2015,ce n'est pas si loin et pourtant,en voyant ce film,ça ressemble à un autre monde.Déjà,c'est produit par Bob et Harvey Weinstein,chose normale à l'époque mais impensable aujourd'hui suite aux évènements que l'on sait.Ensuite,il est question de cuisine en cette période révolue où fleurissaient partout films et émissions de télé sur le sujet.Mais ça c'était avant,avant que les Diafoirus de la politique ne détruisent avec application cette profession sous prétexte de virus incertain,ceci afin de favoriser leurs petits copains des multinationales de la malbouffe,ces décideurs étant les mêmes qui nous prennent la tête avec l'écologie et la santé à base de cinq fruits et légumes quotidiens.Du coup,il est maintenant peu probable que les candidats se bousculent pour des postes de cuistots qui n'existent plus.Déjà que,comme le montre le film,il s'agit d'un boulot dur physiquement et moralement,stressant,aux horaires terrifiants,pénalisé par une batterie de normes sanitaires ahurissantes et surtaxé à l'extrême,si en plus il n'offre plus de débouchés professionnels.....Donc,il y a cinq ans c'était encore le bon temps de la hype culinaire et le réalisateur John Wells,dont le premier film,"Company men",avait favorablement impressionné,nous contait cette histoire reposant sur deux axes.D'abord le portrait d'un Mozart des fourneaux,ensuite la description documentaire du métier vu des coulisses.Jones est un type arrogant,manipulateur,exigeant,perfectionniste,obsessionnel et complètement cinglé,parce que c'est comme ça les génies,ils sont givrés à bloc.Repartant de zéro,il bâtit une brigade formée de ses anciens potes de Paris,le maître d'hôtel Tony,un homosexuel amoureux de lui,son second Michel,à qui il a autrefois joué un sale tour,Max,qui sort tout juste de taule,et il recrute en outre des talents qu'il a repéré en écumant les restos londoniens,comme la prodigieuse Hélène,qui gâche son talent dans un petit restaurant italien,ou Daniel,qui bosse dans un fast food.Mais les fantômes du passé rôdent autour de lui.Il est abstinent depuis un moment mais son manque d'équilibre peut l'amener à rechuter à tout moment,surtout quand se pointent Anne-Marie,son ex qui est aussi la fille du chef étoilé qui lui a tout appris,son grand rival Reece,qui fut son ami à Paris mais qui est devenu le cuisinier à la mode en Angleterre,ou les dealers qui le traquent pour récupérer le pognon qu'il leur doit.Et il doit malgré tout gérer sa cuisine,innover et conquérir cette troisième étoile au Guide Michelin qui l'obsède.Le mec est obnubilé par cet objectif et son intransigeance le pousse à se montrer infect avec ses collaborateurs qu'il prend plaisir à engueuler et humilier.La caméra de Wells,immersive et dynamique,nous place au coeur de la cuisine et procède par une avalanche de gros plans sur les visages ou les mains des cuistots,sur les aliments en préparation et sur l'évolution des plats,avec en fond sonore le boucan de la vaisselle qui vole et les gueulements des commandes,ce qui contraste sévèrement avec le calme et la volupté régnant en salle.Mais à la longue le procédé devient répétitif et légèrement lassant,d'autant que le scénario est peu étoffé et peine à remplir la durée d'un long-métrage.La chronique s'étale en longueur au gré de péripéties rares et manquant de nerf,alors que des éléments narratifs sont amorcés puis abandonnés sans autre forme de procès par le biais d'ellipses commodes.Du reste,le film se terminera de manière abrupte.La distribution est cosmopolite et assez fantastique,avec à sa tête un Bradley Cooper entièrement investi.Beau comme un dieu,jouant de son regard azuré et musclé à point,il donne une intensité énorme à ce personnage toujours à la limite de la folie.Sienna Miller est parfaite en prodige des casseroles au fort tempérament,qui n'hésite pas à tenir tête à son bouillant patron.L'allemand Daniel Brühl est d'une finesse magistrale dans son rôle d'amoureux transi et déçu qui soutient malgré tout l'objet de son désir.Le français Omar Sy est un second aussi calme que son chef est excité et prouve qu'il est capable d'une belle efficacité dans le registre de la sobriété,qui n'est en général pas le sien.Bien que moins exploité,le ragazzo Riccardo Scamarcio,avec sa belle gueule de petite gouape des plages d'Ostie,affiche une solide présence,tout comme les jolies filles de service,la suédoise Alicia Vikander et l'anglaise Lily James.En revanche les petites apparitions d'Emma Thompson et Uma Thurman,salement vieillies,sont dépourvues de relief.Gordon Ramsay,le mec de "Cauchemar en cuisine",a été conseiller technique sur le film.

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