Avis sur

Abyss par -Aymeric-

Avatar -Aymeric-
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Bien qu'en disgrâce du public, Abyss est fort des ingrédients qui bâtirent le succès du réalisateur d’Avatar. Chainon manquant dans la filmographie de James Cameron, après Alien et avant Titanic, le film-fleuve du réalisateur le plus vu de l’histoire du cinéma abonde en idées bien senties entre cinéma-spectacle et cinéma-écriture.

Abyss, c’est presque trois films réunis sous la coupe d’une seule séance. La narration se découpe en trois temps. D’abord c’est une aventure sous-marine, le scénario s’axe tour à tour davantage sur l’action d’un film catastrophe avant de tourner carrément métaphysique et son lot de réflexions sur l’humanité. Mais ce qui constitue le tempérament unique du film, c’est sans doute l’émerveillement des scènes de rencontre avec l’au-delà qu’il procure. Vecteur de murissement psychologique des personnages, les aliens sous-marins font réaliser aux hommes le caractère dérisoire de leurs querelles.

Abyss est une œuvre personnelle, en ce sens que Cameron est un réalisateur humaniste. Le cinéaste se sert indissociablement de la forme pour pourvoir une ode de paix universelle. L’amour qui unit Bud à Lindsey porte le symbolisme du film qui densifie son propos à mesure que le vaisseau s’enfonce dans les profondeurs. Des déboires d’un couple d’amants passionnés, jusqu’à la révélation du héros. Pas une minute sans que leurs retrouvailles ne virent au déchirement. La romance tumultueuse préfigure à certains égards celle de Titanic. Cameron voue un culte aux fonds marins, son leitmotiv de la grande bleue explicite moult choix artistiques, exploits techniques à suivre. Sur la forme, les coques de vaisseaux émergeants, réalisent une véritable prouesse mécanique en studio.

Le pendant aquatique de 2001, l’Odyssée de l’espace use d’audaces techniques. Le tunnel de vision psyché rappelle celui de Kubrick duquel il s’inspire pour offrir un versant aquatique à l’épopée spatiale. C’est à Alien aussi, qu’il doit l’ambivalence du lieu. Le vaisseau est tour à tour hospitalier et effrayant, adjuvant et obstacle. Abyss est un film qui doit à l’espace et se sert de l’espace oppressant pour mieux resserrer son huis-clos, à la manière d’Alien, il se déroule dans les couloirs sinueux d’un vaisseau fortement équipé. Comme le scaphandre, une cage de survie qui peut vite tourner asphyxiante et claustrophobe.

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