When you look into the abyss, "They" also looks into you...

Avis sur Abyss

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Quatrième film de Cameron, The Abyss a toujours été le "parent pauvre" de sa filmographie à mes yeux...
...Jusqu'à aujourd'hui.
Pourquoi? Parce que à l'époque où je l'ai vu la première fois (soit en 1992), j'avais en mémoire un Cameron "guerrier" et pas "sentimental" (je n'avais pas retenu le côté "relationnel" entre Ripley et Newt). Un Cameron plein de noirceur pessimiste (The Terminator) et de "rage militaire" (Rambo II et Aliens).
Du coup, lorsque j'ai vu The Abyss avec des moments intimistes et des extra-terrestres "gentils", ça m'avait laissé un peu dépité...

"Avec l'âge, vient la sagesse...et les sentiments". Je crois fermement en cet adage, puisque j'ai "redécouvert" ce film ce jour-ci.

J'y ai vu un couple déchiré se recomposé à la suite d'évènements majeurs, j'y ai vu la résurrection de l'amour avant un "sacrifice" puis lors du sauvetage intervenant juste après, puis un autre sacrifice confirmant cet amour renaissant.

Ai aussi décelé un autre versant d'un Biehn bien meilleur en "bad guy" qu'en "good guy", au travers de son rôle de Navy Seal, atteint de paranoïa, suite au syndrome nerveux des hautes pressions.

Pour la première fois dans un film de Cameron (à cette époque), il décrit les militaires comme des êtres endoctrinés et incapables de penser par eux-mêmes. Et c'est d'ailleurs à cause de leurs dévouements "aveugles", que la station Deep Core se retrouvera en situation d'urgence extrême. Tout ça pour récupérer une tête nucléaire, dans l'optique de s'en servir incessamment sous peu.

La station de forage Deep Core -commandée par Virgil "Bud" Brigman (Ed Harris) - est réquisitionnée par l'U.S Navy dans le but de rejoindre l'épave du sous-marin USS Montana, contenant plusieurs missiles balistiques "Tridents II" ( multiples têtes thermonucléaires à cibles indépendantes).

Apprenant cela, Lindsey Brigman (Mary E.Mastrantonio) -la conceptrice de la station et accessoirement épouse de Bud- se rend aussitôt sur Deep Core, pas particulièrement heureuse de la présence des Navy Seals à son bord, commandés par le sombre Lieutenant Hiram Coffey (Michael Biehn..

Lorsque Bud a vent de tout ce petit monde va débarquer dans son "royaume", il fait grise mine. Surtout en sachant que Lindsey est aussi présente, maintenant que tous deux vivent séparément.
Une fois que l'équipe du Deep Core eut fait connaissance avec les nouveaux arrivants, l'expédition de "sauvetage" vers le Montana a lieu.
Tandis que le Lieutenant Coffey va récupérer en douce une tête thermonucléaire, l'un des gars de Bud fait une rencontre inattendue dans l'épave du sous-marin...
Puis ce sera le tour de Lindsey quelques instants plus tard...

The Abyss est donc un film d'aventure, mâtiné de science-fiction et explorant les relations humaines.

Ce film est un peu une sorte de "Close Encounter of the 3rd Kind Under Pressure".
Surtout dans la représentation des N.T.I (Non Terrestrial Intelligence), rappelant avec force ceux du film de Spielberg.
Il y a donc un côté merveilleux dans The Abyss, renforcé par la musique lyrique d'Alan Silvestri (et celle de Robert Garrett pour les scènes de l'édition spéciale), un côté sentimental dans la relation poignante entre Bud et Lindsey et un autre plus sombre, avec le SNHP de Coffey qui le fait devenir ingérable.

Mais tout n'est pas parfait.

Niveau effets visuels, ce n'est pas toujours aussi réussi: pour preuve, les incrustations très moyennes des acteurs dans les cockpits vitrés des "taxis" amphibies, la maquette flagrante de la grue et les fameuses vagues gigantesques (créées par ILM 3 ans après le film, lors de l'édition spéciale) de qualités très aléatoires.

Il y a aussi le message final, un peu lénifiant à vouloir trop être optimiste.
En gros, " c'est pas bien de vous tuer les uns les autres" et tout le monde d'opiner du chef avec un sourire béat, mais sans donner aucune solution pouvant permettre d'arriver à ce résultat.

Mais ces quelques scories n'entament pas l'excellence générale de ce film, tour à tour huis-clos claustrophobe, drame intimiste et merveilleux film de S.F.

Le tournage fut loin d'être merveilleux, par contre.
Bien que ce soit une constante chez Cameron, son perfectionnisme créa de lourdes tensions au sein de l'équipe, y compris dans le trio vedette, qui s'épanchèrent avec amertume en relatant leurs expériences houleuses envers leur réalisateur.
Ed Harris ne veut plus en parler, Mary E. Mastrantonio péta un câble lors du tournage de la scène de sa réanimation, Michael Biehn s'impatienta furieusement des délais interminables, le faisant tourner en rond les trois-quarts du temps.

Lorsque le film sortit enfin le 09 Août 1989, ce ne fut pas le succès escompté (90 M$ de recettes totales pour un budget avoisinant les 70 M$) mais les critiques furent plutôt positives.

A mes yeux, ça n'en fait toujours pas le meilleur film de Cameron, mais néanmoins c'est le plus sensible de sa filmographie.

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