La gravité et la pesanteur

Avis sur Ad Astra

Avatar Théloma
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La quête du père qui s’est fait la malle est un thème classique de la littérature ou du cinéma. Clifford (Tommy Lee Jones) le père de Roy Mac Bride (Brad Pitt) n’a quant à lui pas lésiné sur la distance, ayant mis sa femme et leur fils à pas moins de 4.69 milliards de kilomètres soit du côté de Neptune. Avant de disparaitre des radars. Laissé pour mort.
Alors forcément quand on annonce au fiston, 16 ans plus tard, que le pater est non seulement en vie mais que par-dessus le marché il fait le couillon à 5 milliards de kilomètres avec de l’anti-matière qui menace de détruire toute vie sur Terre, il enfile ni une ni deux sa combi d’astronaute et c’est parti pour le grand voyage pour aller raisonner papa façon "Je suis ton fils".
Dès lors, le film subit un découpage tout ce qu’il y a de plus linéaire :
Etape numéro 1 : voyage de la terre vers la lune avec péripétie n°1 très westernienne si l’on considère les rovers comme des diligences du futur.
Etape numéro 2 : voyage de la lune vers mars avec péripétie n°2 très "8ème passager" (sans pour autant singer le film de R. Scott)
Etape numéro 3 : voyage de la Mars vers Neptune avec péripétie n°3 très « il était moins une mais ça passe »
Etape numéro 4 : …
Une caractéristique des héros de Gray, avec quelques nuances, est qu’ils sont du genre torturé. La plupart du temps cela se traduit par des personnages taiseux, quelque peu introvertis et cherchant la solitude. C’est le cas de l’explorateur de The Lost City of Z qui lui aussi jouait les pères fuyards direction la jungle équatoriale. Le problème dans Ad Astra c’est que James Gray a fait le choix de la narration en voix off. Outre que le procédé pêche par sa facilité, il a surtout pour conséquence qu’on n’en finit pas d’entendre les états d’âme de Roy/Brad Pitt. On peut aimer. Ou pas.
Et puis il y a ce personnage du père. Dans la plus grande partie du film – presque jusqu’à la fin – Gray entretient le mystère autour de ce vieux commandant de vaisseau devenu à moitié fou. De fait, la progression lente et dangereuse du fiston dans les confins ténébreux du système solaire, se rapprochant à chaque étape de cette figure légendaire, apparait comme une référence presque trop flagrante à Apocalypse Now dont Gray lui-même a révélé qu’il comptait parmi les œuvres qu’il admirait le plus.
Problème, là où le film de Coppola faisait monter la tension jusqu’au cameo fantastique que l’on connait, les retrouvailles entre McBride et Mc Bride junior font juste pschiit. 5.69 milliards de kilomètres pour ça ? Hum, une séance de psychanalyse eut été moins couteuse, plus écolo…et moins longue pour cette pauvre Liv Tyler qui incarne une fois de plus, bien qu'on soit quand même en 2120, la brave femme qui attend le retour de son marin/aventurier/héros (cochez les mentions inutiles) de mari.
Bref, j’espérais un film léger et innovant, je l’ai trouvé pesant et enfermé dans ses références.

Personnages/interprétation : 6/10
Réalisation/mise en scène : 6/10
Scénario/histoire : 4/10

5/10

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