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...Mais c'est qu’au bout d'un certain temps ça devient juste con. Je conçois que l'on puisse apprécier voire adorer le style de Dupontel parce que le mec a clairement un cerveau bouillonnant d'idées visuelles, à quasiment chaque plan il le fait ressentir et même dans le scénario, ça peut s'apparenter à de la créativité... Mais des fois ça ne passe pas.

En fait je n'ai pas détesté le film, j'y ai reconnu un style propre à un auteur (surtout que j'avais déjà vu Au Revoir Là-Haut et honnêtement je ne saurais dire ce que j'en avais pensé, à part quelques fulgurances visuelles), mais je savais juste dès la première scène que je n'allais pas entrer dedans. Alors à partir de là, on accepte et on se laisse emporter en prenant bien ce sentiment en compte me diriez vous... Sauf quand il y a des passages qui relèvent juste de la défaillance d'écriture. Quand on nous définit un personnage juste par la parole d'un autre sans que cela ne se ressente par la mise-en-scène et d'autres biais que par la simple assertion, je n'y crois plus.

Je parle là de la scène ou le personnage de Nicolas Marié (qui joue un aveugle dans le film ce qui donne lieu à des blagues juste redondantes surtout qu’il est assez inconsistant) dit à Dupontel ce qu'il pense de lui et du rapport qu'il a au monde. La scène pourrait être touchante, quelqu'un qui se prend ses quatre vérités en pleine face et qui va pouvoir de ce fait affronter ses problèmes le reste du récit... Mais c'est quand même plus efficace quand on nous le fait ressentir auparavant. Parce que là son personnage me semble plutôt charismatique et quand même pas trop mal à l'aise dans ses interactions que ça soit avec ses collègues ou avec le personnage d'Efira. Donc à partir de là, difficile d'y croire à ses problèmes de sociabilité.
Et ça ne suffit pas de nous le présenter comme un personnage suicidaire ; tu peux me dire tout ce que tu veux, qu'il a un problème avec les filles, qu'il est dépressif et qu'il a envie de se flinguer, si je ne le ressens pas vraiment... Bah je m'en fous.

Il y a aussi des moments assez incohérents comme l’alzheimerique qui se lève d’un coup de son fauteuil roulant. Déjà que ce n’est pas expliqué, autant qu’il le fasse de façon un peu crédible, dans Kill Bill c’était tout aussi con et pourtant ça passait bien mieux.

Et puis il y a la résolution, le climax, qui est insoutenable à regarder ; même dans les règles du film, ça n'est à aucun moment crédible. Je veux bien que le personnage du fils, soit rendu attachant par la simple importance que celui de Virginie Efira lui accorde (dont le jeu d'acteur est vraiment un des points forts du film), mais à un moment donné, il faut construire la tension un peu plus que ça et ne pas juste me dire “il est amoureux d’une fille, mais il n’ose pas, regardez, il habite exprès à côté de chez elle”. C’est juste très ringard.

La peur d’avouer ses sentiments, c’est quand même une situation où la personne que l’on convoite devient vraiment une figure quasi-mystique à chaque apparition, la procuration d’un stress énorme, même Dupontel le dit dans le film ! Alors montre là moi cette peur ! Filme là ! Parce que là, il n'y a rien qui fasse ressentir une once de sensation d’accomplissement, c’est juste très cliché.
Donc cette scène de l’ascenseur, elle n’a pas d’âme, elle n’a rien et je ne ressens rien. Elle est juste mise en place, assez habilement par des visuels intéressants.

Parce que oui le film est bourré d’idées visuelles notables par exemple la vie d’Efira qui repasse - image et son - en accéléré c’est malin, le climax qui est littéralement projeté sur un grand écran devant nos héros ça l’est tout autant ou encore ce fameux plan sur l’escalier en colimaçon qu’il y avait dans la bande-annonce et qui est assez impressionnant même si dans le film il ne mène à rien; c’est directement suivi d’une ellipse de plusieurs heures. Sans oublier la direction artistique et ces décors irréalistes et un peu désarticulés comme dans les films de Terry Gilliam qui servent bien le ton “barré” du film. D’ailleurs Dupontel a revendiqué l’influence du monsieur après la projection car OUI je l’ai vu en avant-première, ma toute première et c’est quand même un plaisir de voir un cinéaste parler de son oeuvre avec un tel enthousiasme, en s’adressant directement aux personnes en face de lui. Pour le coup c’était une expérience très agréable.

Mais le film en lui même… Non.

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