Cocasserie et émotion pour personnages désespérés

Avis sur Adieu les cons

Avatar Floridjan
Critique publiée par le

Attention, nous sommes ici chez Dupontel. Cartésien(ne)s allergiques au burlesque s'abstenir ! Nous entrons au royaume de la comédie noire, un brin absurde et surréaliste, mais dont le désespoir des personnages est bien réel. C'est la marque Dupontel, et Adieu les cons, son 7e long métrage, coche toutes les cases.

Les comédiens déjà : aux cotés d'Albert Dupontel, la petite troupe de fidèles répond une fois encore à l'appel (Nicolas Marié, Philippe Uchan, Michel Vuillermoz) et fait place à une nouvelle venue : Virginie Efira, qui - toute en sobriété - s'intègre très bien dans l'univers déjanté du réalisateur. Tout le monde est parfait, rien à redire, c'est un régal de les retrouver !

La marque Dupontel peut se résumer ainsi : des personnages en grande détresse qui se livrent à des actes désespérés, souvent avec violence. Sauf que chez Dupontel, la violence ne fait pas peur car elle est toujours au service du cocasse. Ainsi, dans Adieu les cons, par un concours de circonstances loufoques, un suicidaire devient terroriste, une malade incurable devient kidnappeuse, tous deux entrainés dans une enquête où ils sont assistés de manière complètement improbable par un guide aveugle et un témoin victime d'Alzheimer.

Ajoutons aussi la touche de poésie que l'on retrouve dans chacun de ses films (les lumières et ascenseurs de l'immeuble soumis au génie informatique), et rien ne manque...

...sinon la démesure. Celle qui m'a fait adorer le Créateur et détesté Enfermés dehors.

Les amateurs et amatrices de cette démesure extravagante présente dans les premiers films de Dupontel seront peut-être déçu(e)s. Les autres se réjouiront.

Sans renoncer ni au cocasse ("une étrangeté comique, qui étonne et fait rire") ni au loufoque ("outrageusement fantaisiste"), Adieu les cons se concentre sur l'émotion, particulièrement incarnée par Virginie Efira. On est ému presque davantage que l'on sourit devant les incongruités de cette enquête incohérente, dont la séquence finale est très réussie.

Dupontel et Efira réunis, il fallait bien cela pour me faire retrouver les salles obscures (avec port du masque obligatoire), après quasi 7 mois d'abstinence. Retour réussi, ouf !

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 242 fois
8 apprécient

Autres actions de Floridjan Adieu les cons