Mon père, ce ranger.

Avis sur After Earth

Avatar Gand-Alf
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Echec publique et critique de l'année 2013, After Earth contenait effectivement tous les ingrédients pour se faire démonter. Un récit très premier degré à une époque où le cynisme est roi, un metteur en scène destitué de son trône de nouveau Spielberg et une mega-star scientologue tentant une fois encore de nous vendre sa progéniture. Un accueil glacial, pour ne pas dire haineux, jugeant davantage la réputation casse-gueule de ses têtes pensantes (parfois à raison), plutôt que l'oeuvre en elle-même.

Je ne dis pas que les spectateurs auront tort de ne pas aimer le nouveau film de Shyamalan, chacun ses goûts et son échelle de valeur. D'ailleurs, le film est loin d'être inoubliable, bourré ras la gueule de défauts, à commencer par des animaux numériques tout simplement hideux et une désagréable tendance à tout surligner des fois que l'on aurait pas tout compris. Mais je n'arrive tout simplement pas à comprendre pourquoi After Earth s'est mangé autant de pains dans la gueule, à l'heure où d'autres productions loin d'être irréprochables bénéficient d'une étrange bienveillance.

Revenant à une forme pure du récit, loin des habituels seconds degrés et post-modernisme, After Earth n'a comme ambition que de raconter une histoire simple et universelle, où la survie importe autant que les liens filiaux. La finalité ici n'est pas de sauver l'humanité mais tout simplement de survivre, de vaincre sa peur et ses démons pour rester en vie un jour de plus, et peut-être arriver à se pardonner à soi-même.

Bien que lent et peu spectaculaire (si l'on excepte le crash), After Earth tien plutôt bien la route, reste cohérent dans sa démarche et décrit même une relation touchante entre un père et son fils ayant fini par se perdre de vue. Aux commandes d'un projet qui n'est pas le sien, Shyamalan s'efface enfin pour raconter cette histoire du mieux qu'il le peut, offrant un bel écrin à un spectacle finalement tout simple.

Le long-métrage aurait bien entendu gagné à être plus court et à minimiser le rôle d'un Will Smith certes impeccable (bien plus que son fils, fade même si physiquement impliqué) mais dont l'égo phagocyte une oeuvre qui n'en avait pas besoin. Mais bien loin d'être la gigantesque propagande scientologue décrite par certains (sérieux les mecs ?), After Earth ne mérite pas selon moi le lynchage qu'il a subit à sa sortie, parcours initiatique certes imparfait mais attachant, porté par de sublimes paysages et par la partition de James Newton Howard.

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