Demi-teinte

Avis sur Air Doll

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Très peu impressionné par les codes cinéma japonais en général, je ne suis pas allé voir Air Doll facilement. Senti comme longuet, déroutant, sans intérêt, Air Doll fut presque un défi à relever tant, depuis les nombreuses séries télévisées Densha Otoko, Nobuta wo Produce et quelques Kamen Rider que j'ai assimilé il y a quelques années, je semble allergique à toute production nippone qui ne soit pas vidéoludique. J'ai cependant bien fait de me faire violence, car je n'ai absolument pas perdu ma journée. Nous racontant l'histoire d'une poupée gonflable qui prend soudainement vie, Air Doll commence comme une gentille fable un peu érotique, avec quelques gags intéressants, de jolies musiques, une découverte naïve du monde qui nous entoure et une lenteur volontaire qui se fond très bien avec l'ambiance donnée par la réalisation. C'est lent sans jamais être ennuyant et c'est déjà un gros point fort que beaucoup d'autres films du même type n'ont pas.

Alors qu'elle commence à se créer sa propre vie au sein d'un monde qu'elle ne connait pas encore assez bien, notre poupée héroïne va rencontrer Junichi, un vendeur au vidéoclub du coin. Elle y travaillera, tentera de s'approcher de celui qui l'attire et soudain : c'est l'accident. Elle se coupe et dégonfle devant Junichi. Le film prend alors un tournant encore plus fantastique qu'auparavant puisque l'apparence de plastique de l'héroïne ne surprendra pas plus que cela les nombreux protagonistes de la série. Au final, c'est le film entier qui baigne dans une espèce de non-sens volontaire venu servir une histoire rocambolesque qui ne sombre jamais dans le ridicule. Air Doll, c'est complètement frappé, mais c'est maitrisé. En tous les cas d'un point de vue visuel.

La suite du film, la seconde heure, est par contre nettement moins pertinente. Elle nous raconte les mauvais côtés de la vie, nous ramène à une condition humaine pas franchement folichonne et nous rappelle que ceux qui ont un coeur souffrent davantage que les autres. La fable continue son petit bout de chemin et touche le spectateur, mais pas forcément le cinéphile. L'univers se noircit assez maladroitement, d'une scène à l'autre sans crier gare, pour transporter le spectateur dans un tout autre film qu'on aurait aimé avoir eu le droit de ne pas accepter. Certaines personnes bien décidées à découvrir une jolie histoire risquent de tomber de haut. Si concrètement Air Doll est très efficace d'un point de vue sentimental, il n'en est pas moins très emprunt d'une culture manga qui force l'auteur à basculer dans une violence venue remplacer de simples mots. C'est un style, c'est une façon de voir les choses, mais autant prévenir que guérir : certains n'acquiesceront pas. Pour ma part, j'ai trouvé le produit final en demi-teinte, mais j'ai passé deux excellentes heures au cinéma.

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