Prometheus 2, Alien -2, ou les deux

Avis sur Alien: Covenant

Avatar davidalin96
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La grande question c'est comment se relever après Prometheus. Cette daube laissait la porte grande ouverte à tout. Faire le fameux prequel tant attendu d'Alien n'aurait pas été plus mal réceptionné qu'un assumé Prometheus 2. Le développement de ces films est pour le moins chaotique: informations contradictoires, changements de titres et de scénaristes n'ont pas aidé la saga Alien à faire un retour en force. Alien jusqu'en 2012 c'était 4 films de qualités inégales mais toujours avec des partis pris tranchés et des thématiques similaires, en premier plan le viol, la sexualité et la maternité, enrobé dans un emballage science-fiction horrifique étonnamment complémentaire. Prometheus avait changé la donne en ajoutant une dimension cosmologique très casse-gueule.

Et 5 ans plus tard Alien Covenant se pointe et se présente comme une réconciliation entre le public de Prometheus (oui oui y en a) et le public d'Alien. Tout ceci pour délivrer un film bancal, schizophrène, étrangement ennuyeux bien qu'à la fois relaxant. Mais horrifique? Pas vraiment. Ridley Scott semble battre en forfait avec Alien Covenant. Son parti pris de mise en scène en 1979 consistait à montrer si peu de l'alien et cela fonctionnait très bien. Pourrait-on penser avec lui que l'Alien a une place si importante dans la pop culture qu'il n'a plus aucun moyen de nous effrayer? Pourtant le plan sous la douche laissait présager des trouvailles visuelles pour re moderniser la créature et nous réconcilier avec la peur. L'alien est là, dans toute sa splendeur Gigeresque mais il est effacé par l'influence de Prometheus et c'est bien malheureux. Alien Covenant se sent l'obligation de nouer un lien fort avec son prédécesseur là où une allusion discrète aurait été amplement suffisante. Ridley Scott et ses scénaristes persistent à légitimer le bordel du premier film et ce ne sont pas moins de 30 minutes de film destinées à ce but précis. 30 minutes, amorcées peu après la fin du premier acte, qui régressent au stade de pure exposition avec quelques touches d'alien ça et là, histoire de dire. C'est l'un des plus gros défauts d'Alien Covenant: l'alien n'est pas le méchant. L'alien est à peine une menace tangible. Son unicité effleure la vision de James Cameron, sa dangerosité celle de Paul W S Anderson. Il semble intervenir comme un acteur contractuellement obligé de se pointer. Un peu comme Mark Hamill dans les nouveaux Star Wars.
Mais admettons l'absurdité que Alien Covenant ne soit pas à propos de l'alien. Admettons, puisque le film ouvre sur lui, que le film soit à propos de David, l'androïde. Le postulat SF/cosmologique de son intrigue n'est pas peu intéressante. Le questionnement "quel est mon but" est tout à fait judicieux mais ne se mêle pas bien avec la sauce de l'alien. Et offre une réponse trop discutable pour être simplement acceptable. La scène d'ouverture est un parfait petit court-métrage SF dont le seul pêcher est d'amorcer un film d'horreur.
Ridley Scott met son excellent sens du cadrage, de la lumière, des couleurs au service d'un scénario bancal aux transitions douteuses. Passé un premier acte efficace, le film s'embourbe dans un méli mélo d'idées et oublie qu'il a un monstre dans ses mains qui est censé nous angoisser. Au lieu de ça on se prend la tête et ça endort.

Alien Covenant reste nettement supérieur à Prometheus (était-ce si dur?) mais rate l'occasion de mériter son titre d'Alien. La faute à une deuxième moitié de film qui essaye d'en faire trop et finit par ne pas provoquer quoique ce soit. Dommage.

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