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"Cherchez la bêbête..."

Avis sur Alien : Le 8ème Passager

Avatar Errol 'Gardner
Critique publiée par le

Alien c'est quoi?
Alien c'est "les dents de la mer" dans l’espace.
Alien c'est "E.T l'extraterrestre" en plus méchant.
Alien c'est une date, 1979.
Alien c'est une claque.
Alien ça n'a jamais été fait avant.
Alien c'est jamais chiant, et pourtant Alien c'est lent.
Alien c'est "la L'hyène" de l'espace, tout aussi baveuse, carnassière et puante que son homologue terrestre.
Alien c'est sexué.
Alien c'est dégoulinant de sang rouge et d'acide verdâtre.
Alien c'est pas très éloigné de "Fargo" des frères Coen, il y a quelqu'un qui poursuit quelqu'un.
Alien c'est une horreur féerique.
Alien c'est lyrique.
Alien c'est de la science-fiction poétique.
Alien c'est presque parfait.

Alien c'est un parfait « pot-pourri de cinéma(s) de genre(s) » et d’ingrédients (en tous genres) : science-fiction et horreur, ça, qui l’a vu, sait, et peut corroborer la parfaite symbiose de deux genres qui ont fait école. C’est un film de science-fiction dont l’auteur a su se réapproprier les codes du film d’horreur pour mieux en faire quelque chose de résolument nouveau : le « concept » s’il en est un, du « La bête devrait être là mais n’est pas là en fait » par exemple (comme l’avait fait Spielberg avec « Les dents de la mer »), Scott en propose quelque chose de radialement nouveau. On n’est pas dans la mer à chercher un aileron, à guetter une aile ou un bruit de vague peu ordinaire mais bien dans un vaisseau spatial et spacieux à suivre les indications d’un signal en mouvement, sur un GPS qui a bien vieilli depuis. « La bête devrait être là » s’excuserait presque un personnage qui suit le mouvement de l’Alien…
Et comme dans « Les dents de la mer » (encore), il faut faire sauter le bateau s’il on veut « que la bête meure ».

Scott a toujours filmé les paysages et/ou le décor cinématographique avec une certaine délectation, et en « maître ». En témoigne son premier film « Les duellistes » (1977), véritable peinture dans la droite lignée de « Barry Lyndon » (1975). « Blade Runner », fait après Alien, idem. Il a toujours su puiser dans les atouts d’un paysage, d'un environnement, et laisse le temps à ses personnages d’y errer, d’arpenter un sol pour mieux faire monter la tension jusqu’à l’impossible. En témoigne cette scène, où un groupe de 3 personnes de l’équipage du « Nostromo » marche lentement sur un terrain lunaire, nuisible, hostile où les couleurs de l’horizon, à la fois froides et magnifiques, paradoxalement ne sont là que pour nous montrer un ensemble inhospitalier et ainsi même nous faire douter de l’issue de la mission, (c’est-à-dire découvrir l’émetteur du signal de détresse qu’il ont capté un peu plus haut).

Une fois le « virus », « l’ennemi » ramené « malgré lui » par le groupe à bord du vaisseau, il s’agit pour l’équipage de déplorer plus que de constater scientifiquement l’évolution de l’animal. Un « cache-cache – screamo » s’organise alors. Les scènes cultes abondent : séquence d’anthologie où Harry Dean Stanton erre dans le vaisseau pendant tellement longtemps que ça en devient un « Paris Texas » avant l’heure. L’intensité monte, jusqu’à l’inéluctable tant redouté. La « scène de la cuisine », avec les maux d’estomacs de John Hurt qui ne se remet pas de sa dernière virée dans l’espace. Et toute cette perfection baigne dans une superbe lumière qui balaie les décors, qui met en valeur les ornements d'une scénographie, d'une toile de fond sur-mesure vue à travers le prisme d’une photographie exceptionnelle. L’esthétique qui traverse le film sur tous les plans arrive au plus haut point lorsque Ripley (Weaver) arpente les couloirs interminables du vaisseau, poursuivie par l’Alien. Les lumières, les jets de fumées, la sueur et le cambouis forment un « tout » parfaitement harmonieux, presque poétique.

La grande réussite du film, c’est évidemment l’Alien : « dansante », pure, méchante, toute noire, baveuse. Pire qu’un grand requin blanc, elle est constituée d’une espèce d’acide corrosif, mieux qu’un tank. Une création à part entière, interprétée par une inconnue, une certaine Bolaji Badejo.
Et puis il y a le casting, lumineux : Ian Holm, John Hurt, Harry Dean Stanton… les acteurs ne font pas tout. Qui d’autre que Ian Holm aurait été aussi crédible que lui en cyborg ? Il n’y a de réponse que la vision obsédante de sa tête désarticulée dégoulinante d’un sang blanc robotique, posée sur la table.

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