American Beauty : belle leçon d’humilité pour l’homme, éternel insatisfait, pessimiste dans l’âme.

Avis sur American Beauty

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Parce que les apparences sont souvent trompeuses, parce que le masque est souvent là où on ne l'attend pas, parce que l'enfer est pavé de bonnes intentions (à moins que ce ne soit le contraire), ce film mérite d'être vu.

Une famille au bord de la rupture tente de sauver les apparences. Un père léthargique, une mère "parfaite", une adolescente mal dans sa peau. En face, des voisins énigmatiques, une amie "magnifique". Le culte de l'apparence peut cacher bien des quêtes personnelles. Entre amour et haine, laideur et beauté, transparence et dissimulations, l'authenticité pourrait bien prendre un sens totalement nouveau.

• La paix n’est qu’une question de choix, personnel

Des phrases toutes faites marquent l'ensemble des répliques du film. "Il ne faut rien attendre des autres dans la vie", "tu ne peux compter que sur toi ", voilà des tournures bien pompeuses. Il serait tentant de les mettre à distance en un claquement de doigt. Toutefois, à bien les réécouter, possible que leur pessimisme ne soit qu'apparent.« Je refuse d’être une victime » : une nouvelle pensée toute faite tout droit sortie de l'esprit torturé d'une ménagère frustrée ? Et si ce n'était pas que cela ? Comme un moment de pause dans le tourbillon de la vie...

Contre toute attente, ce film d’une violence émotionnelle extrême délivre un message apaisé. Il n’a rien d’un discours déçu, pessimiste sur la vie et la société contemporaine. Il est au contraire empli d’optimisme. De manière tout à fait réaliste, cette peinture de la vie signifie, humblement, lentement, que personne n'est responsable du bonheur des autres et que tout est affaire de décision personnelle, de prise en main et d’introspection. Il est complètement impossible de trouver le bonheur sans cette cohérence avec soi-même, quête perpétuelle.

• La dépendance est un risque que l’on prend toute sa vie

Il est si facile de tomber dans un schéma de dépendance. Une personne n’a pas l’attitude que nous attendons d’elle ? Cela énerve. Une autre déçoit ? Cela rend triste. Une dernière demande des choses que nous ne pouvons pas lui donner ? Nous trouvons cela parfaitement injuste. Fiers de nous, nous n'avons pas le juste retour de ce que nous nous étions imaginés ? Nous sommes fous de rage. Une personne juge tel ou tel comportement inapproprié ? Cela irrite. Et alors même que notre but ultime est d’être en harmonie avec les autres, nous faisons l’ascenseur émotionnel. Léthargique un jour, hystérique le lendemain et passionné le surlendemain. L’aigreur pointe tellement rapidement le bout de son nez.

• L’incompréhension n’est plus si l'on sort du rapport de dépendance

Maintenant, si nous nous recentrons sur l’essentiel, la curiosité des détails de la vie, la compréhension personnelle du monde environnant, sans rapport de dépendance émotionnel, physique, psychologique, nous réalisons que nous ne sommes jamais seuls. Nous avons une force intérieure que l'on ne peut nous retirer. Le paraître et le jugement glissent sur nous.Nous ne nous sentons plus coupables de penser de telle ou telle manière. La culpabilité n'a plus prise. Parce que nous mettions des masques en permanence, plus ou moins volontairement, plus ou moins appropriés.

• Se décentrer pour se recentrer sur l’essentiel

Lorsque notre rapport aux autres devient une manière gratuite de nourrir notre propre rapport au monde, notre compréhension personnelle, nous réalisons qu’il n’y a plus d’incompréhension qui tienne. C’est souvent là que la colère se transforme en pardon. Parfois, d’ailleurs, la colère est nécessaire pour trouver ce sens personnel. Mais elle ne doit pas rester un état de fait. Sinon elle détruit tout sur son passage et nous embarque dans une spirale négative infinie. En décentrant notre propre regard, en questionnant notre manière de percevoir le monde, nous nous comprenons de mieux en mieux.

• Un juste équilibre entre indifférence et incompréhension

Parce que c’est aisé d’assimiler le silence à l’indifférence, parce que c’est facile de ne pas comprendre des propos maladroits, il est impossible d’être perpétuellement en paix. L’équilibre est précaire. C’est sans doute pour cela que nous n'avons pas fini d’alterner léthargie, colère, tristesse et paix intérieure. C’est le cycle de la vie.

La beauté n’a pas de prix. Elle est infinie et infiniment personnelle.

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