Il suffit pas d'être 70's pour éviter le vide

Avis sur American Bluff

Avatar oso
Critique publiée par le

Le dernier film de O Russel est parfaitement raccord avec son titre et son pitch, à savoir une belle arnaque qui ne parvient à nous emporter nulle part, sinon au pays des songes lorsque l'on se rend compte que derrière les beaux apparats qui le fait briller n'existe aucune cohérence, aucune intention. On est loin du très bon The fighter où le réalisateur prenait le temps de construire des personnages forts en charisme. Dans American Hustle il ne les amène nulle part sinon dans des cabines d'essayage pour faire coller leurs tenues vestimentaires à l'époque qu'il reconstruit. David O. Russel met en effet tous ses oeufs dans le même panier, à savoir celui des apparences en oubliant totalement qu'un film d'arnaque ne se repose pas, ce serait trop facile, uniquement sur l'arnaque qu'il dépeint.

C'est bien dommage, il y avait de belles choses à tenter avec tout d'abord ce casting de premier choix. On reconnaîtra tout de même cette belle sensibilité pour faire d'Amy Addams une femme fatale qui en ferait craquer un sacré nombre, moi le premier. Mais son personnage, qui semble prometteur, s'embourbe, comme ses acolytes, dans les couloirs d'un script fonctionnel qui se repose bien trop sur son côté manipulateur sans jamais prendre le temps d'exister par ailleurs. Et oui, un film d'arnaque se doit d'être un minimum densifié par des jeux de personnages, des dialogues incisifs pour tenter de masquer le pot aux roses. C'est le BABA, mais O. Russel semble l'avoir oublié, trop occupé à reluquer de sa caméra les deux jolies plantes qu'il a sous la main.

Abrégeons cette palabre, on s'est déjà farci 2H30 de vide, on ne va pas en créer davantage. Et soyons gentils, faisons comme si l'on avait pas vu les références à Scorsese ou De Palma, parce que dans le genre ambitions manquées, American Hustle fait fort.

Vous l'avez compris, American Hustle, comme sa traduction française, pour une fois bien inspirée l'annonce, est un coup de bluff perdant qu'il vaut mieux oublier rapidement. NEXT.

Et vous, avez-vous apprécié la critique ?
Critique lue 347 fois
1 apprécie

oso a ajouté ce film à 1 liste American Bluff

  • Films
    Affiche La Danza de la Realidad

    L'ours, Homo Video, en 2014

    Mes pérégrinations cinématographiques pour l'année 2014. Un pense-bête fort utile pour l'ours que je suis qui perd la mémoire...

Autres actions de oso American Bluff