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La purge (titre indûment emprunté à ma fille), c'est un drame.

C'est le drame de ces films loupés, sans doute un film de producteur, monté à partir d'une idée géniale perçue comme un argument commercial, et non comme un composant narratif.

Ce film aurait ainsi pu être:


  • une sorte de fable sur la responsabilité individuelle face à la mort
    de l'autre, l'acte de mettre à mort, la décision de passer à
    l'acte,pour qui, pour quoi, selon quelle légitimité;

  • une violente critique d'une Amérique sui annonçait Trump, entre les
    "nouveaux pères fondateurs" et un babillement religieux destiné à
    légitimer spirituellement ce qu'il y a de plus bestial en soi (mais,
    comme on dit, Gott mit uns - j'arrive, M Godwin!);

  • une réflexion sur le caractère illusoire des protections dont
    s'entoure la Nomenklatura et le fait qu'au mieux, ils sont assis sur
    du fumier;

  • un what if explorant l'hypothèse où, suffisamment coordonnés et
    encadrés, quelques centaines de tueurs s'empareraient, un peu partout
    dans le pays, des armes d'assaut et des munitions stockées dans
    diverses casernes;


Au lieu de ça, ce film est:


  • un bête film de siège qui, faute de matière intéressante, bifurque
    dans un home invasion/slasher

  • un film qui suit le seul point de vue de riches blancs (le seul noir
    ayant un rôle significatif dans l'histoire étant SDF doué de pouvoirs
    de régénération et d'une habileté au tir que j'admire,
    personnellement);

  • un plaidoyer tacite pour la libéralisation de la détention d'armes
    (au cas où un gosse de riches - d'autres riches - psychopathe
    viendrait me faire la peau, voyez...);

  • un thriller peu crédible;

  • un film d'horreur mou des genoux (sérieux, pour 3 gouttes de sang,
    qui oserait seulement appeler ça film d'horreur?);

  • un jeu d'acteurs morts à l'intérieur;


Au final, qu'en retiens-je, même pas une heure après la projection? A part Lena Heady, brune aux cheveux courts et pieds nus (et encore, pas le temps d'en profiter...), quasiment rien. C'est bien maigre, faut-il le reconnaître. En creux, le film se signale, finalement, beaucoup plus: il est remarquable, non en ce qu'il est, mais en tout ce qu'il aurait pu être, mais ne s'efforce même pas d'essayer de faire semblant d'être. Pas mal de bonnes idées sont évoquées, mais restent lettre morte (la secte des nouveaux pères fondateurs, l'intégration d'une justification spirituelle à cette nuit de sauvagerie par des arguments spirituels, les médias qui en font presque un marronnier, banalisant d'autant plus la violence, etc.).

Si vous êtes indulgents, vous pourrez le prendre pour un jeu de massacre qui remportera tous les suffrages en deuxième partie de soirée sur la TNT.

Cafe-Clope
3
Écrit par

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