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Cinq films, une série TV de deux saisons et, au bout du compte, encore aucune oeuvre qui n'ait rendu pleinement justice à ce concept génial de Purge...
Même s'il a cédé sa place à la réalisation depuis le quatrième opus, la faute en revient majoritairement à son créateur, James DeMonaco, devenu finalement le parasite de sa propre saga en s'accrochant mordicus à l'écriture de tous les longs-métrages sans jamais parvenir à livrer un film qui pourrait être à la hauteur des espoirs placés en cette idée d'une nuit où tous les crimes les plus horribles sont permis sur le territoire US. Bien sûr, quelques opus se sont révélés clairement supérieurs aux autres, le deuxième et, dans une moindre mesure, le troisième, mais même eux ne semblaient qu'effleurer le potentiel explosif de ce concept pouvant allier la critique sociétale à une violence cauchemardesque (on le répète à chaque fois mais imaginez ce qu'un John Carpenter aurait pu faire avec ça entre les mains, punaise !).
La bonne nouvelle, c'est qu'après un quatrième film particulièrement oubliable, ce cinquième se place tout de même dans la moyenne haute de la franchise grâce à un contexte plus adapté pour tenter de tirer autre chose de la Purge.

Fini donc de s'intéresser à ses origines et place à une Purge qui, on le voit aisément, se déroule en parallèle d'une Amérique post-trumpienne plus clivée que jamais, où l'autorité fédérale est de plus en plus remise en cause par une frange extrémiste armée jusqu'aux dents, notamment sur la question des migrants à la frontière mexicaine avec des murs qui s'érigent littéralement pour se protéger de l'étranger.
En s'appuyant sur ce climat de défiance bien réel, la grande idée de ce cinquième opus est d'imaginer que la seule période annuelle de la Purge ne suffit plus à combler la soif de sang de ses participants qui, retournant cette propre création des Nouveaux Pères Fondateurs contre eux, décident de la prolonger indéfiniment dans le but d'éradiquer ce qu'ils jugent être les maux de leur Amérique. Et, quoi de mieux pour représenter cette Amérique blanche en sédition que de situer l'action de cette "Forever Purge" dans un Texas où l'afflux de migrants mexicains se heurte à une imagerie traditionnelle américaine de cow-boys et de ranchs se sentant menacés par "l'envahisseur" ?
De plus, ce cinquième film ne va pas se cantonner à un bête manichéisme sur la simple différence de couleur de peau pour établir ses camps en opposition (enfin... le sujet reste prépondérant cela dit), la question des inégalités sociales va aussi s'y mêler afin de mettre en danger les plus aisés face à des classes inférieures revanchardes et tout aussi pâles qu'eux. Dans la bagarre générale où les autorités seront elles-mêmes amenées à intervenir pour freiner cette Purge qui n'en finit plus, va naître un groupe hétéroclite de héros, bien plus intéressant à suivre qu'habituellement dans l'affranchissement des différences qui s'y construit et les forces de caractère promises à se compléter (le casting ne s'en sort pas trop mal, Ana de la Reguera a les épaules pour devenir l'équivalent féminin de Frank Grillo dans la saga).

Bon, à l'instar de ses prédécesseurs, "The Forever Purge" ne fait encore une fois pas dans la subtilité d'écriture lorsqu'il veut proclamer haut et fort sa portée critique vis-à-vis de l'Amérique contemporaine (toutes les répliques à ce sujet tombent comme une flopée de cheveux sur une bassine de soupe), cependant, ses personnages et leur combat dans ce chaos exponentiel vont plutôt bien fonctionner pendant la première moitié du film, offrant en plus d'éternels détournements déguisés et déviants d'archétypes US cette fois issus de ce coin de Texas, une série d'épreuves un peu plus prenantes et variées que par le passé, le tout dans un cadre qui ne cesse de péricliter jusqu'à amener tout ce petit monde vers la plus ironique des directions pour espérer être sauvé.

Malheureusement, passé la première heure, "The Forever Purge" va peu à peu retomber dans la tambouille ordinaire de la saga en mettant un adversaire plus acharné mais sans saveur sur la route du petit groupe. Hormis la jolie trouvaille de faire intervenir des représentants-clés oubliés de l'Amérique, la dernière partie se contentera d'accumuler des séquences d'action de plus en plus vaines du fait d'enjeux désormais réduits à leurs finalités les plus basiques et laissant nettement de côté la force que le film avait su tirer de son nouveau contexte.
Ce dernier reviendra sur le devant de la scène lors des ultimes secondes afin d'établir qu'une suite est encore une fois nécessaire pour poursuivre cette histoire mais, malgré certaines qualités, les limites terriblement évidentes du spectacle délivré par ce cinquième opus nous feront dire qu'il est temps de laisser cette Amérique en pleine Purge s'entretuer loin des caméras.
À moins que, miraculeusement, James DeMonaco se purge lui-même de sa création pour la laisser en d'autres mains, il n'y a hélas plus grand espoir qu'un sixième film puisse faire mieux...

RedArrow
5
Écrit par

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7 commentaires

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