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La thèse défendue par The Forever Purge s’avère des plus réjouissantes en ce qu’elle renverse à deux reprises la représentation conventionnelle de l’immigration aux États-Unis : d’une part, elle montre l’apport culturel et humain des Mexicains soucieux de fuir un quotidien marqué par la précarité et la violence et de s’intégrer – Juan se transforme en cowboy, Adela refuse sa langue natale pour parler américain et aide les immigrés à s’intégrer à leur tour. Cette intégration s’avère néanmoins plus complexe qu’il n’y paraît, et les personnages font face à des crises, à des doutes qui les fragilisent individuellement et les uns par rapport aux autres : Juan ne se sent pas chez lui là où Adela semble avoir pris racine, le fils Tucker peine à cacher un racisme issu d’une dénaturation et d’un dévoiement du patriotisme transmis par son père.

Cette perte généralisée des repères correspond à une perte généralisée des valeurs qui constituaient l’Amérique : une terre colonisée à de nombreuses reprises qui a tiré profit des différentes cultures mais qui oublie son état pour défendre l’idée d’une pureté et d’une supériorité de la race. Les bourreaux, dans ce cinquième opus, sont les gardiens autoproclamés d’une « Amérique américaine », c’est-à-dire blanche, écartée du pouvoir et des richesses, bien décidée à réclamer son dû au moyen des réseaux sociaux, instrument de la masse en colère qui la conforte dans sa bêtise massifiée et dans sa colère aveugle ; ils forment un corps tout à la fois hétérogène et uni, avatar de ces groupuscules qui cassent, frappent et tuent dans les manifestations publiques. La menace que représente le film prend une ampleur plus importante parce qu’elle épouse le grouillement de cette vaste ruche qu’est la mise en réseau de la haine, de l’ignorance et de la stupidité.

D’autre part, le renversement du point de vue passe par le retour en arrière ultime, le Mexique devenant un eldorado situé à la frontière de la barbarie et de la civilisation. Le mur qu’il faut d’abord franchir au péril de sa vie mute en rempart contre le fanatisme et l’idéologie. L’intelligence et l’audace du scénario, véritables et appréciables, ne sauraient pourtant divulguer l’absence de vision artistique d’une production impersonnelle et visuellement pauvre qui ne pense jamais l’apocalypse en termes esthétiques. Dit autrement, c’est du vite fait moyen fait, et l’écran de cinéma ne saurait se justifier pour pareil format télévisuel. De plus, la violence souvent gratuite et opportuniste, le jeu passable des comédiens, la bande son tonitruante desservent un film qui n’ose pas se contenter d’appâter son spectateur avec du sang pour mieux lui enseigner.

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