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American Nightmare 5 : Sans limites par McMorbid

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On sait vite à quoi s’attendre avec ce cinquième épisode de la saga American Nightmare. En général quand le distributeur français ajoute un « sans limites » au titre d’un film, ce dernier ne va pas voler très haut. Cependant la franchise a toujours un atout dans sa manche, le même depuis 2013 certes, mais un atout tout de même, son concept.

Aux États-Unis, une nuit par an, le crime est autorisé pour permettre au peuple américain de se purger de leurs pulsions de violences accumulées tout au long de l’année. La banalisation de cette nuit est toujours aussi glaçante, même la cinquième fois, et ce climat de violence dans lequel les riches et nantis en profitent pour s’attaquer aux pauvres et aux défavorisés n’ayant pas les moyens financiers de se défendre, toujours aussi oppressant. Mais si l’efficacité du concept permet toujours d’attirer les spectateurs, une fois assis dans la salle, on déchante très vite.

En une minute, le film s’aborde son univers avec un simple texte. On avait laissé la franchise avec l’élection d’un nouveau gouvernement promettant l’annulation de la Purge dans le 3e épisode (le 4e étant un préquel), et en fait non, finalement ça continue. Décision d’autant plus déconcertante que la nouveauté de ce 5e volet aurait été beaucoup plus impactante s’il s’était agi de la dernière Purge avant qu’une loi l’annulant soit ratifiée. Car dans cet épisode, les partisans de la Purge décident que une nuit pour tuer, ce n’est pas assez, et décident de lancer The Forever Purge (SANS LIMITES !). Les héros du film doivent alors réussir à atteindre le Mexique pour fuir la violence des États-Unis.

Si au moins le film prend la bonne décision d’abandonner l’idée d’un personnage principal surentrainé, massacrant des figurants masqués à la chaîne comme une moissonneuse batteuse dans un champ de blé, il rate le coche en rendant des employés de ranch lambda en soldats entrainés au maniement des armes a feux, sans aucune explication. Quand un soldat demande à un personnage où elle a appris à manier une arme, elle ne répond tout simplement pas et il faudra sans contenter car on n’en saura pas plus plus tard. D’autant plus dommage car la prolongation de La Purge rend les personnages vulnérables même en plein jour ce qui aurait pu potentiellement renforcer le sentiment d’insécurité constant de la Purge. Passons également très vite sur la réalisation brouillonne dès qu’il s’agit de créer de la tension ou de montrer de l’action (sachant qu’il s’agit du genre de la franchise c’est dommage) et sur les enjeux bancals essayant d’apporter un aspect arroseur arrosé sur le sujet de l’immigration aux États-Unis, ainsi que sur son antagoniste de dernière minute essayant désespérément d’ajouter des enjeux au film, tout ça est un peu raté.

Cependant il faut reconnaître au James DeMonaco, scénariste de tous les épisodes et réalisateur des trois premiers, une certaine clairvoyance sur la société américaine. Le parallèle entre les citoyens américains refusant que la Purge se terminent et ceux refusant la fin du mandat de Donald Trump est assez intéressant et renforce le sentiment d’impuissance qu’à le spectateur qui voit un monde devenir fou sous ses yeux. Cependant remettons les choses en perspectives, l’écriture du film a commencé en 2019 et la sortie était prévue en Juillet 2020 avant d’être repoussé à cause de la pandémie, soit 4 mois avant les élections. Ce qui aurait pu être une réécriture intéressante de la situation n’est en fait qu’une drôle de prémonition, elle-même un peu gâchée par la non prise en compte de la fin de American Nightmare 3 dans l’histoire de celui-ci. Une erreur que l’on verra sans doute dans le 6e volet, James DeMonaco ayant récemment annoncé qu’il avait une idée pour un autre film.

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