Prince des voleurs

Avis sur Amis publics

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Amis Publics aimerait réhabiliter la figure du bandit au grand cœur dans une sorte de relecture du mythe de Robin des Bois sur fond de scandale sanitaire et social ; le souci, c’est qu’en la réhabilitant de la sorte, il ne fait que renforcer la dichotomie traditionnelle, se plaît à diaboliser les forces de police, tantôt barbares tantôt incompétentes, toujours ridicules et méchantes. C’est dire que le film fait preuve d’une hypocrisie sans nom : il se sert du handicap de l’un de ses protagonistes pour reconstruire l’image outrancière que notre société suffit d’ailleurs à véhiculer, l’image du flic qui règle ses problèmes personnels à grands coups d’injustices, d’insultes, de vulgarité ; nul hasard si Vincent Elbaz semble constamment sortir d’un casting pour Mad Max – il y a d’ailleurs un plan décadré qui se réfère explicitement à l’œuvre de Georges Miller – et pense son travail comme un règlement de comptes permanent. À côté de la médiocrité des forces de l’ordre, une bande de potes s’amuse à braquer des banques de la manière la plus facile qui soit, à aimanter la chose féminine qui se balade en sous-vêtements sexy et finit mère de famille (bien entendu !), au passage ravie dans un hôtel façon prostituée. Pour l’image de la femme, on repassera. De mal en pis, Amis Publics se montre incapable de saisir la marginalité criminelle de ces gamins prêts à tout, sauf à assumer leurs responsabilités : le film martèle ad vitam aeternam les mêmes gags franchement mauvais jusqu’à plus soif, transforme quelques personnages en éléments comiques qui n’ont aucune profondeur dramatique, simples pions à faire choir de temps à autre pour ranimer le comique balourd et malvenu d’un mélange des registres qui aurait nécessité meilleur traitement, surtout une vraie prise de risque à la hauteur de son sujet. Et que dire, enfin, de cette fascination ludique pour le soulèvement populaire, aussi facile à mobiliser qu’un troupeau raccordé aux réseaux sociaux ? Preuve que Kev Adams ne sait se représenter hors de son image médiatique, incapable de marginalité, même tondu et bonnet bleu sur le crâne.

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