Une histoire au service de la propagande

Avis sur Aniara : L'Odyssée stellaire

Avatar wasabi
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Les images sont jolies, c'est joué correctement, ça se laisse regarder.
Mais il y a un gros problème, ce n'est pas une histoire de SF qui permet de faire un parallèle avec des problèmes actuels, voire de dénoncer des problèmes à venir, c'est une idéologie qui est présentée dans un emballage SF sans soucis de cohérence, le but étant juste la propagande pour une idéologie actuelle.

Les suédois sont vus par certains comme les gens les plus évolués au monde, pour moi c'est le contraire ils sont malades de leurs idéologies, ils sont en pleine déliquescence. En particulier leur idéologie féministe et minoritaire d'une part et leur vision écolo de l'autre. Rappelons que les suédois ce sont des gens qui mettent des étrons dans les publicités mettant en scène un couple composé d'une femme et d'un homme sous prétexte que c'est hétéro normatif, qui se voilent la face sur leur immigration qui viole à tour de bras et leur donne le non convoité rang de deuxième pays au monde où les femmes sont le plus violées. Leurs prisons sont vides, non pas parce qu'il n'y a pas de problèmes mais parce qu'il ne veulent pas arrêter les fouteurs de merde ce qui montrerait bien qui en est le responsable, du coup leurs prisons sont occupées par des condamnés norvégiens, la Norvège les dédommageant, ainsi les mecs sont bien blancs et blonds. Et dans le même temps qui veulent abolir l'avion et d'autres choses de se genre pour "sauver" la planète. Les cocos si vous voulez vraiment sauver la planète arrêtez d'absorber les surplus de production de population mondiale (c'est à dire l'africaine) en les incorporant à la vôtre, l'augmentation exponentielle du nombre de consommateurs sur cette planète c'est le problème écolo numéro 1. Avant de moins consommer, faut moins de consommateurs.

Et donc ce film nous fait l'étalage de ces deux idéologies. On pense à un film viking, mais des hommes blancs, blonds et dans la force de l'âge on n'en a pas. Les personnages principaux sont des femmes (la MIMArobe), des femmes (la copilote) et encore des femmes (l'astronome, la prêtresse et ses suivantes). Les accompagnant il y a le méchant, c'est un homme donc, mais un moyen oriental -le capitaine- et c'est un connard il ose le péché ultime en suède : le féminicide après en avoir battu une autre avant de la foutre en taule. Forcément c'était obligé pour un rôle de salaud il fallait un homme, mais comme on a décidé que l'homme blanc c'est le nouveau nazi on en prend un pas blanc. Et ça continue, l'aide du personnage principal - qui n'est clairement pas un personnage important- est un homme noir, et les deux hommes qu'elle fréquente en boîte -presque des figurants- sont deux métis noirs / blancs. Des hommes blancs il y en a en décor au fond dans la foule ET dans une scène d'orgie sur laquelle je vais revenir. Bref on y va à fond.
Ensuite on combat l’hétéro normativité, on montre le personnage principal lesbien, qui a une aventure hétéro mais s'en excuse comme si c'était le mal et laisse le mec en plan en cours de coït. Ensuite il y a une scène d'orgie où l'homme est réduit à sa fonction de reproducteur avec la prêtresse allongée sur le sol attendant les saillies multiples d'hommes qu'on trait comme des vaches. Et dans un coin de cette orgie, une femme homo qui se fait violer par un homme blanc qui la rend enceinte. Elle ne voudra pas de l'enfant à plusieurs reprises, ne voulant pas mener la grossesse à terme, ne voulant pas accoucher, voulant noyer l'enfant et finalement se suicidant après l'avoir tué. Bref l'hétéro c'est le mal.

Et de l'autre côté on a la critique écolo. La société qui surconsomme dans le vaisseau avec ses salles de jeux, l'obsolescence programmée via la MIMA qui pète très rapidement, la société qui a pété sa planète et qui va en saloper une autre. La vie dans le vaisseau qui devient un petit écosystème fermé où on finit là aussi par saloper tout avec des poubelles qui traînent, des récipients jetables, les corps qu'on éjecte alors que dans un écosystème fermé il ne faut rien perdre...
Le soucis de ce message assez clair est qu'il ne se retrouve pas dans l'histoire de SF naturellement, mais on bâtit l'histoire afin qu'on le voit. Il semble quand même évident que dans un voyage entre la terre et Mars qui sont a priori les deux seules planètes colonisées, on ne puisse pas aller comme ça vers une autre étoile sans que personne ne s'en rende compte, en plus le vaisseau n'est clairement pas dimensionné pour acquérir suffisamment d'énergie pour quitter l'influence gravitationnelle du soleil et donc en réalité passé un certain éloignement du soleil le vaisseau reviendrait vers lui en suivant une orbite, de même un voyage prévu pour 3 semaines ne peut pas tenir 25 ans, on n'a pas assez d'énergie pour faire marcher l'intérieur du vaisseau -curieusement ça n'est jamais un problème- on ne produit pas non plus certains produits comme des médicaments, du chlore pour la piscine qui continue à être utilisée des années, des ampoules, de l'alcool... Tout ne se résume pas à de l'eau et des algues en guise de nourriture. Ce sont des thématiques importantes que la pénurie de ressources, et pourtant pour un film qui veut montrer que l'homme pollue trop, on ne l'aborde pas. Et ce n'est pas étonnant, c'est parce qu'on s'en fout de ce qui se passe dans ce vaisseau, on veut montrer ce qui se passe sur terre maintenant dans une allégorie prismatique. Et maintenant il n'y a pas de pénurie de médicament, de chlore, de linceul....

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