La déesse blanche

Avis sur Antarctica

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Le Grand Blanc

Si le cinéma contemplatif devait avoir un exemple officiel, ça serais Antarctica.

Tiré d'une véritable tragédie, cette OVNI des années 80 aux accents de film documentaire vous plongera dans un fabuleux panorama autant hypnotique que déroutant, en 1958, a eu lieu la première grande expédition japonaise en Antarctique où ses derniers ont reçu l'ordre d'évacuer leur station dû à des conditions météorologique déplorables, laissant ainsi derrière eux quinze huskies de Sakhaline, la seconde équipe sensé revenir récupérer les quinze huskies, ne viendra jamais.

Selon le film, 8 huskies parviendront à s'échapper pour y commencer une épopée mortelle et solidaire, Antarctica possède deux facettes, celle de l'homme noyé dans ses remords, et celle de l'animal piégé dans le silence, je tiens à féliciter l'incroyable dressage de ses huskies, fort et concret, jamais un film n'aura autant exposé la race canine dans sa beauté, ici, je ne fais allusion qu'à la version japonaise, avec ses scènes en trop et ses longueurs ouateuses dont la seul justification servira aux spectateurs d'admirer l'immensité du désert blanc, sous l'effet laxiste de ses scènes crépusculaires accompagné par la musique somptueuse et irréelle de Vangelis, sortant à peine à cette époque du score de Blade Runner.

Loin de la vision hollywoodienne et fantasmé de Walt Disney, l’œuvre original de Kurahara expose le réel et met en symbiose la beauté avec celle de la laideur, où la souffrance animal est palpable, où la banquise photogénique cache ses terribles pièges et où la culpabilité de l'homme ne tient finalement qu'un second rôle, insolite tel est de voir des huskies dans toutes leurs natures jouer les premiers rôles, Kurahara filme l'antarctique, mais aussi l'imprévisible, au lieu de tous contrôler, le réalisateur donne le libre arbitre à la nature pour ainsi nous offrir un spectacle hautement sincère, les animaux eux, ne mentent pas.

On regrettera peut-être une voix-off un peu trop présente, qui, bien qu'efficace, tente par moment à en devenir naïve en nous en expliquant trop.

Pour ceux qui ne le savent pas, Carlotta Films à cette année enfin eu la possibilité de ressortir ce film culte en Blu-ray, le sauvant ainsi de l'oubli, jamais le film n'aura été vu dans une telle qualité malgré quelques scènes non restaurés, un terrible carton rouge en revanche pour l'absence total de bonus, aucun making of ni de secret de tournage, quelle déception à ce niveaux là.

La race Sakhaline, devenu célèbre après l'immense succès de cette œuvre, est une véritable figure populaire, où des statues artistique de Taro et Jiro trônent fièrement sur des places publiques au Japon, une autre statue en guise de memorium des deux survivants et des autres chiens disparus se trouve elle à Wakkanai.

Un magnifique hommage, une leçon et un témoin de la vérité.

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