Du lourd. Vraiment. Ils se sont surpassés chez Disney Channel. Dès l'intro, tu es dedans à fond : un animatrice radio mystérieuse balance des messages trop subversifs, appelant les élèves à ne pas utiliser les étiquettes et à affirmer qui ils sont vraiment. Ah que c'est beau. Ah que c'est engagé. Je sens les graines de la rébellion germer en moi.

Notre protagoniste principale est donc Tara. Dans la vie de tous les jours, Tara est une fille super timide et introvertie. Il faut admirer la subtilité avec laquelle est construit son personnage. Encore une fois, voilà une fille qui a la gueule de l'emploi, on sent sur son visage la timidité, des années passées dans l'ombre, le poid des humilations. Non enfin je veux dire, ils n'essaient même pas, comment on peut y croire une seule seconde ? Mais attendez, elle a un BONNET. Comme le geek dans Geek Charmant, un petit BG tout ce qu'il y a de normal, sauf que lui aussi portait un bonnet. Y'a-t-il une symbolique particulière derrière le bonnet que je ne saisis pas ? Est-ce un symbole de la différence ? De l'isolation ?

Et donc, Tara s'est créé une identité secrète (comprendre, elle modifie sa voix légèrement et personne même ses amis les plus proche n'est foutu de la reconnaître) : elle est devenue une animatrice radio trop dark : DJ Rebel. Et elle décide de se faire la voix du peuple pour dire ce que personne n'ose dire, pour révéler les injustices. A un moment donné, elle fait une grande tirade contre la principale parce que celle-ci a OSE confisquer des lecteurs MP3 aux élèves. Parce que voyez-vous, en faisant ça elle ne nous confisque pas seulement nos playlists, elle nous enlève notre musique, elle fait partie de notre vie, c'est une part de nous-mêmes. Ok donc on te confisque ton MP3 = on t'enlève une part de toi-même, c'est bien, tu viens de prouver ta superficialité en deux secondes. Beau message à transmettre aux fillettes qui vont vouloir que papa/maman leur achète le dernier iphone pour qu'elles puissent exprimer leur singularité.

Mais le grand combat de DJ Rebel, c'est de lutter contre les clichés et les étiquettes, rejeter le statu quo (putain c'est tellement fort). Ce qui est quand même pas mal rigolo, quand on voit que le film suit un schéma précis de A à Z et recrée TOUS les personnages clichés de ces productions : la fille mal dans sa peau, le beau rocker gentil, la pétasse populaire (mais qui est gentille dans le fond, en fait c'est une fille brisée, ah que je suis triste), la principale cruelle, le duo de crétins, ... Tous leurs films se contentent d'appliquer exactement la même recette en changeant un petit élément, qui donne généralement son nom au film. C'est donc un très beau paradoxe, mais bon, on ne va pas en vouloir à Disney de vouloir vendre de la pseudo-subversivité à des gamines de 13 ans, qui vont se sentir trop rebelles dans leur for intérieur et vont évidemment tomber dans le piège à consommer. 'Sont forts ces enfoirés. Sérieusement, tous les Disney Channel Original Movies débordent de connerie et de niaiserie avec leurs "messages", mais celui-ci bat des records. C'est fou.

J'ai quand même bien ri à deux moments. Le premier lorsque DJ Rebel découvre son nouveau studio, elle est guidée par une fille super sympa et souriante, qui lui donne une information clé : « On l’appelle le studio direct, parce que quand cette lumière rouge est allumée, tu es en direct ». OH MON DIEU IL EST VRAIMENT TROP FOU CE STUDIO, IL MARCHE COMME TOUS LES AUTRES STUDIOS, MAIS C'EST DINGUE. Le deuxième moment, c'est lors du (ATTENTION SPOIL) traditionnel discours lors du bal. Parce que oui, dans chaque film Disney Channel il y a un bal, et durant chaque bal il y a généralement un discours. Donc, durant ce fameux bal, DJ Rebel décide de révéler son identité à travers un speech sincère et émouvant. Sur ce, la principale s'empresse évidemment de monter sur l'estrade pour lui annoncer que puisqu'elle a révélé son identité, elle va pouvoir la renvoyer maintenant. Et à ce moment-là, je l'espérais jusqu'au bout, et ils l'ont fait : LE MOMENT SPARTACUS. Oui vous savez, quand tout le monde prend la parole un par un en mode :

"Je suis DJ Rebel"
"Non, je suis DJ Rebel"
"Non c'est moi DJ Rebel".

J'en avais les larmes aux yeux tellement j'étais ému. Il faut bien évidemment y voir un magnifique parallèle : ces pauvres élèves, dont le MP3 a été cruellement confisqué, ne sont-ils pas eux aussi des esclaves ? Et DJ Rebel, la voix du peuple, la libératrice, en fin de compte n'est-elle pas elle aussi une Spartacus moderne? Tant de génie pour rattacher une histoire contemporaine à des faits historiques et ainsi nous rappeler l'universalité de la notion de révolte. Des vrais chez Disney Channel.

Le 17 juin 2013

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Appelez-moi DJ Rebel
Corsicanna
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Peut être niais mais pas aussi débile que certains films disney...

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Appelez-moi DJ Rebel
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