Le "what's the fuck" de l'année, grand écart entre délires visuels, dialogues insipides et plaisir r

Avis sur Aquaman

Avatar Rémy Fiers
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Vont-ils osé ? Ce n’est pas possible ? Jusqu’où vont-ils aller ? Est-ce que j’ai eu une hallucination ? Il n’a pas dit ça ? C’est le genre de questions que l’on se pose au minimum tous les quarts d’heure durant la projection du dernier né des films DC Comics, tellement le réalisateur James Wan pousse le bouchon toujours plus loin dans la bêtise, la surenchère visuelle et les énormités. « Aquaman » est clairement le film « what’s the fuck » de l’année (de la décennie ?) et on est partagé entre consternation devant tant de bêtise et plaisir régressif et assumé tant on s’amuse tout le long du film. On l’impression que la Warner est partie du principe que le public était idiot et que de toute façon tout passerait tant qu’on assommerait avec des effets spéciaux rutilants et des scènes d’action non-stop. Des séquences qui ne lui laisseraient pas le temps de cogiter sur la vacuité et le non-sens de l’ensemble. C’est peut-être la série Z au plus gros budget de toute l’histoire du cinéma qui s’offre à nous que l’origin story de ce personnage au charisme certain qu’est Aquaman. C’est comme si Warner et DC Comics avait abandonné tout espoir de tenir tête à Marvel et son univers, certes perfectible et répétitif mais en tout cas cohérent et couronné de succès. Après des débuts pourtant réussis, volontairement sombres et tragiques mais vraiment passionnants sous l’égide de Zack Snyder, il semblerait que le bateau prenne l’eau de toutes parts en essayant d’être fun et de plaire à un public qui n’était pas au rendez-vous. Qu’on se le rappelle, il n’y a pas eu plus grosse déception que « Suicide Squad » il y a deux ans et « Wonder Woman » était cool mais pas non plus extraordinaire en dépit de ce que l’on voudrait nous faire croire. Et avec cet « Aquaman », pas sûr que le concurrent de la firme aux idées se rachète une bonne conduite quand bien même le film fonctionne bien. C’est tellement idiot sur le fond et parfois vilain sur la forme.

Et pourtant… Il faut l’avouer, oui on s’amuse bien quand même durant plus de deux heures et on ne voit absolument pas passer le temps tant James Wan a un don pour divertir le public comme à la fête foraine (il avait d’ailleurs réussi aussi à mettre sur pieds le « Fast and Furious » le plus improbable mais le plus fun qui soit). Le réalisateur vient de l’horreur et on le reconnaît à une excellente séquence horrifique qui dénote du reste, sur un bateau avec des créatures écœurantes. Il semble prendre un malin plaisir à accepter les blockbusters qu’on lui propose et à les considérer comme des montagnes russes à spectateurs : il prend les énormes budgets qu’on lui donne comme un artificier avec en ligne de mire le leitmotiv d’en mettre plein la vue sans jamais lui laisser le temps de souffler. Et il réussit cela avec une maestria incomparable, à tel point qu’on le verrait bien mettre en scène un « Transformers », le cinéaste ayant au moins le mérite de bien cadrer ses scènes d’action et de respecter la lisibilité du montage contrairement à Michael Bay. On reprochera juste des effets spéciaux trop envahissants, à la limite de la bouillie visuelle à tel point qu’on ne saurait dire s’ils sont réussis ou non. Et les scènes sous l’eau, forcément très sombres, n’ont pas toujours un rendu très optimal sur le grand écran. « Aquaman » est une espèce de mélange improbable entre « King Kong », « Le Choc des Titans », « Abyss », « Power Rangers », « Star Wars » et « La Petite Sirène » bien inspiré aussi niveau histoire de son concurrent Marvel « Thor ». Et si les dialogues sont purement inspides et que l’interpétation est souvent mauvaise pour tous les acteurs (hormis Amber Heard), on s’éclate à voir ce monde sous-marin merveilleux par son design ainsi que ses bastons dantesques et bruyantes. Ce blockbuster est un total plaisir régressif de gosse à prendre en tant que tel, avec des scènes d’action en tous points impressionnantes comme la bataille finale ou celle en Sicile. Et on se marre aussi beaucoup du ridicule des répliques et de certaines séquences (Nicole Kidman exilée au fin fond de l’océan qui débarque avec une carcasse de monstre ou le costume du méchant Black Manta). Pas sûr que c’était voulu mais en tout cas on en profite.

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