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Arènes sanglantes par pierrick_D_

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Première adaptation ciné du roman de Vicente Blasco Ibanez,qui sera de nouveau porté à l'écran par Rouben Mamoulian en 41 et Javier Elorrieta en 89.On y suit le parcours de Juan Gallardo,jeune sévillan d'origine modeste,mais torero surdoué qui devient une star de la corrida.Le film est une espagnolade qui accumule les clichés sur le pays des ibères et les poncifs du mélodrame.Juan est un fier matador,droit comme un I,qui aime beaucoup sa maman et épouse Carmen,sa gentille amie d'enfance,qui prie pendant qu'il combat dans l'arène.Il est l'idole des espagnols,qui sont tous fans de corrida,et copine à l'occasion avec un bandit d'honneur.Hélas,le succès corrompt et le si rigoureux Juan file un mauvais coton.Il se met à hanter les tavernes où on picole dur et danse le flamenco.Pour finir,il tombe dans les filets de Dona Sol,une salope XXL,qui en fait son jouet.Comme le titre le laisse présager,tout ceci va mal finir.De temps à autre,une sorte d'intellectuel évanescent vient jouer les Cassandre en débitant des phrases grandiloquentes et moralisatrices.Fred Niblo met en boîte honorablement ce mélo assez caricatural,même s'il abuse des plans moyens et des ellipses vertigineuses.Sur ce dernier point,il faut relativiser car il manque sûrement quelques parties du film,ancienneté oblige.Les scènes de corrida sont bien shootées,sauf quand il s'agit des moments cruciaux,comme la mise à mort du taureau ou l'encornement des toreros.On ne voulait évidemment pas risquer de faire emplafonner l'acteur par un bestiau en furie,d'autant que le comédien principal est la raison d'être de l'oeuvre.Il s'agit en effet ni plus ni moins que de la mégastar mondiale du cinéma de l'époque,le premier grand séducteur sur pellicule,le célébrissime Rudolph Valentino.Effectivement,le gus a de l'allure.Beau garçon,très cinégénique,il est charismatique et bouge bien.Pour ce qui est de l'art dramatique,c'est moins convaincant.Il en fait des caisses et ses mimiques frôlent souvent le ridicule.Mais on ne peut pas lui en vouloir,car c'était le lot de la plupart des acteurs du muet,dont la technique différait notablement de celle de leurs futurs homologues du parlant.Deux seconds rôles sortent cependant du lot,à savoir Leo White,savoureux en beau-frère faux-jeton de Gallardo,et surtout l'incandescente Nita Naldi,qui compose une femme fatale dépourvue de toute morale et jouissant de faire souffrir les hommes.Ses scènes avec Valentino sont d'un érotisme troublant.

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